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transatlantic paris l olympia 28 04 2022

Cela faisait à peine trois jours qu'une partie de notre microcosme s'était séparé en Allemagne, après un merveilleux Night of the Prog festival…

Le hasard d'un calendrier bousculé par la Pandémie aboutit à reconstituer ce soir notre microcosme protéiforme (composé en partie des mêmes joyeux-drilles Xavier et Véronique, Michel, Eric, Catherine, Thierry !) auxquels se sont ajoutés ce soir Joël, Christian, Hervé, Dan, Philippe...

Il faut rappeler que ce concert initialement prévu le lundi 27 Avril 2020, fut reporté au mardi 15 Septembre 2021, avant d'être finalement fixé ce 28 juillet 2022. Ces reports aboutissent en pleine période estivale, ce qui a sans doute perturbé des mélomanes qui auraient pu être intéressés. L'organisateur Garmonbozia a bradé des places ces derniers jours, faisant le bonheur des petits veinards qui étaient restés indécis.

Pour rappel ; Transatlantic est ce qu'il est convenu d'appeler un "supergroupe", composé de musiciens de haut niveau issus de groupes reconnus et plus ou moins célèbres. En 1999, les deux américains Neal Morse (claviers, chant et guitares, SPOCK'S BEARD) et Mike Portnoy (batterie et chant de DREAM THEATER) ont fait appel au suédois Roine Stolt (guitare, chant et claviers de FLOWER KINGS). Puis, l'anglais Pete Trewavas (basse et chant, MARILLION) les rejoint. Le premier opus parait dès le 21 mars 2000.

La difficulté avec ce type de formation est de coordonner les calendriers pour prévoir les sessions d'enregistrement en studio, et de les coordonner de nouveau pour organiser une tournée promotionnelle. Compliqué. Il en a résulté plusieurs suspensions de collaboration, mais cinq opus en vingt-deux années, soit environ un tous les cinq, en moyenne. Leur cinquième opus "The Absolute Universe" est paru le 5 février 2021, soit quelques mois avant la tournée initialement prévue …

Quelque peu abruti par les événements, je ne réalise que ce soir que nos places sont numérotées en orchestre, et de surcroit située en rang 2 ! Cette réservation a au moins le mérite de nous permettre de prendre le temps de siroter un breuvage houblonné en terrasse, sur le boulevard des Capucines avec une partie des amis retrouvés.

C'est toujours avec plaisir que je pénètre dans ce prestigieux auditorium. Voir le nom de nos artistes favoris sur la façade lumineuse reste un motif de fierté et de haute satisfaction. La dernière fois que j'étais venu ici remonte avant la Pandémie, au 11 novembre 2019 pour le concert d'Opeth !

Un coup d'œil à la boutique attise mon intérêt pour le t-shirt que je finirai par acquérir pour 25 €. J'en profite pour acheter le CD "Whirlwind" (15 €), dont je me contentais de la version mp3 jusqu'à présent.

En prenant place, nous réalisons notre positionnement par rapport aux artistes ; assis au deuxième rang en orchestre, nous sommes de fait au pied de Neal et de Roine. Cet emplacement était approximativement le nôtre pour un concert de Steven Wilson, ce dont je n'ai pas conservé de mauvais souvenir.

Ponctuel, le groupe entre en scène à 20h.

Le quatuor dispose d'un large espace ; Neal est à gauche en regardant la scène, sur un socle surélevé avec son équipement (claviers, guitare,…). Mike est à droite et lui fait face. Entre les deux se trouvent Roine positionné du côté de Neal et Pete placé à côté de Mike. Un guitariste additionnel, Ted Leonard, occupe le fond de la scène. Détaille croustillant ; depuis 2011, il est le chanteur américain de SPOCK'S BEARD, pupitre que Neal avait quitté depuis 2002 ! Le petit univers du rock progressif, ses planètes, ses satellites….

L'acoustique de l'Olympia étant celle d'un excellent auditorium, la sonorisation repose sur la compétence de l'ingénieur du son. En l'occurrence, de mon point d'écoute, j'ai parfaitement capté tous les pupitres.

Sur un écran géant en fond de scène auront défilé des images mouvantes de dirigeables transatlantiques reflétant les thèmes des différents albums.

Les conditions furent ainsi excellentes pour assister à ce dernier concert de la tournée, probablement le dernier concert absolu de TRANSATLANTIC. Cette prestation sera en outre filmée pour un Blu-ray. Ce sera gravé pour l'histoire et pas seulement sur du plastique mais aussi dans nos mémoires d'admirateurs ébahis par tant de virtuosités et de générosité musicale ! Car le public réceptif et les musiciens rodés par la tournée n'ont eu aucune difficulté à trouver l'alchimie des soirées magiques.

Quelle soirée fantastique ! Hormis un petit loupé de Ted Leonard à peine perçu en tout début de concert, la machinerie huilée du dirigeable a déroulé un concert parfait. La maîtrise technique des quatre virtuoses est évidente sur chaque partition.

Le chant de Neal est harmonieux, sincère, juste, son timbre n'est pas d'une puissance extraordinaire, sa tessiture non plus d'ailleurs, mais sa sensibilité parle à l'auditeur. Il est expressif, il raconte une histoire, avec sa voix, ou avec ses claviers ; nous l'écoutons. Ce multi-instrumentiste a démontré sa capacité à émouvoir également avec une guitare ou encore plus anecdotiquement avec un Mélodica (ou Melodion).

A ses côté, Roine est moins exubérant avec ses guitares. Il pose ses soli et ses accords d'accompagnement avec méthode et minutie ; il exécute avec une efficacité garantie.

Sur sa gauche, Pete est toujours ce p'tit bonhomme qui ne paie pas de mine mais qui assure comme une bête avec sa basse ! Souvent le sourire en coin, toujours appliqué, il constitue un soutien rythmique sans faille avec son illustre partenaire. Il nous semble qu'il se libère de l'image qu'il donne avec Marillion, au sein duquel certes il excelle mais de manière plus discrète. Ici, il laisse éclater tout son talent dans des accords d'une technicité plus rarement montrée chez les anglais. Sans doute est-ce le cadre et la composition des titres qui l'impose…

Enfin, (the last but not least) quel superlatif utiliser pour décrire ce batteur d'anthologie ?!! Brillantissime, terriblement efficace, exubérant, époustouflant ! Oui je suis totalement admiratif de sa frappe subtile alternant puissance, et délicatesse. Je ne crois pas me tromper en imaginant son état d'esprit qui me parait créatif, curieux, généreux et épanouit. Il ne semble jamais blasé par son parcours humain et musical. Très démonstratif, y compris dans son jeu encours, il harangue constamment son public, comme à la recherche d'une communion perpétuelle. S'il arrête Transatlantic, nous savons qu'il continuera ses autres projets et qu'il n'hésitera pas à satisfaire pleinement son instinct avec d'autres partenaires… On parle déjà d'une nouvelle collaboration avec son vieux pote John Petrucci ! Infatigable, insatiable, il est comme ça. Je l'ai déjà vu au sein de Dream Theater et de Sons of Apollo ; j'aimerais bien le voir officier au sein de Flying Colors, The Winery Dogs, ou Liquid Tension Experiment. Mais ça, c'est une autre histoire.

Il est 23h10 lorsque la dernière note résonne dans l'Olympia. Après trois heures de concert intense, Neal se met à pleurer, même si ce personnage très sensible est coutumier du fait parait-il, il est permis de croire que l'émotion est sincère. Il tombe dans les bras de Mike, les autres paraissent presque gênés par tant d'enthousiasme collectif. Ô, je ne suis pas naïf au point d'ignorer les enjeux économiques de leur entreprise, (je n'imagine même pas le cout de la location de la salle, incluant les droits d'enregistrement !) mais je me plais à croire qu'ils sont simplement heureux de nous rendre heureux, épicétou.

On peut parler d'exaltation du public debout, hurlant et applaudissant à tout rompre. Beaucoup peinent à quitter la salle… Un très grand moment, d'autant plus émouvant que cela avait un parfum de fin d'aventure. J'espère pourtant être contredit d'ici cinq ans…

On a pu assister à l'interprétation de vingt-neuf titres, dont quelques-uns étaient abrégés, histoire d'entendre le plus d'extraits d'albums possibles. Mais les compositions sont articulées sur de telles longueurs que le retrait d'un segment ne pénalise pas trop l'ensemble. Ils ont concocté le programme avec subtilité, en deux actes. En première partie de soirée, les deux versions de "The Absolute Universe" ; "Forevermore" (version étendue) et "The Breath of Life" (version simple). Puis, après un entracte de quelques minutes, des extraits de différents morceaux des trois premiers albums parus entre 2000 et 2009. Celui paru en 2014 étant passé à la trappe… En tous cas, nous n'avons ressenti aucune maladresse dans les coutures, le concert est passé avec une fluidité admirable.

A tel point que le temps nous a réellement semblé passer trop vite ; heureusement qu'il restera une publication, à découvrir probablement sous le prochain sapin de Noël !!!

PROGRAMME
The Absolute Universe (2021)
Overture: The Absolute Universe

Reaching for the Sky
Higher Than the Morning
The Darkness in the Light
Take Now My Soul
Bully (Forevermore)
Rainbow Sky (Forevermore)
Looking for the Light
The World We Used to Know (Forevermore)
The Sun Comes Up Today (Forevermore)
Love Made a Way (Prelude)
Owl Howl
Solitude
Belong
Lonesome Rebel (Forevermore)
Can You Feel It
Looking for the Light (Reprise)
The Greatest Story Never Ends
Love Made a Way

ENTRACTE
The Whirlwind medley (2009)

Overture
Rose Colored Glasses
Evermore
Is It Really Happening?
Dancing with Eternal Glory (reprise du theme de Whirlwind)
Duo de guitars, puis We All Need Some Light (SMPTe, 2000).
SMPTe/Bridge Across Forever medley (2000-2001)
Duel With the Devil : Motherless Children and Walk Away) (Bridge Across Forever, 2001)
My New World (SMPTe, 2000) (abrégé)
All of the Above (Full Moon Rising) (SMPTe, 2000)

Stranger in Your Soul : Sleeping Wide Awake, extrait de Awakening the Stranger and Slide, and Stranger in your Soul) (Bridge Across Forever, 2001).

Nous ne pouvions pas quitter un concert d'une telle intensité sans partager nos émotions, dresser un bilan autour d'une bonne bière ! Notre fine équipe tarde donc à se séparer en discutant du passé récent, du présent et du futur éventuel. Tant et si bien que nous laissons dépasser les horaires de fin de service des transports en commun. Heureusement, nous disposons de mon chauffeur favori, j'ai nommé Véronique et son bienveillant copilote Xavier, qui nous ramènent avec Joël et ma p'tite Fée.

 


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Comments:

Commentaires   

#1 Eric Berger 09-08-2022 18:52
merci pour ce live report, j'attends avec impatience la sortie du blu-ray.

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TRANSATLANTIC - Paris – L'Olympia - 28/07/2022 - 4.0 out of 5 based on 1 vote

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