
Lors d’une séance de questions-réponses à la Steel City Con 2025, qui s’est tenue du 5 au 7 décembre 2025 à Monroeville, en Pennsylvanie, le légendaire bassiste de Black Sabbath, Geezer Butler, a été interrogé sur d’éventuels autres albums solo en préparation.
Il a répondu (selon la transcription de Blabbermouth.net) : « Oh là là ! J’ai des tonnes de morceaux. Depuis la fin du dernier concert de Black Sabbath [à « Back To The Beginning » en juillet 2025], je me suis replongé dans tout ce que j’ai écrit depuis les années 80 et j’ai tout mis à jour. Avant, ce qui me freinait, c’est que je n’avais pas de chanteur quand je suis chez moi, mais l’IA [intelligence artificielle] est arrivée. [Rires] Du coup, toutes mes chansons sont maintenant à jour et j’utilise un chanteur IA pour les paroles. Je peux donc les montrer aux chanteurs avec qui je vais travailler et leur dire : « Voilà ce que je veux sur l’album », pour qu’ils aient une meilleure idée. Avant, je leur jouais juste un riff de basse ou un truc du genre, en leur demandant : « Tu peux chanter là-dessus ?» Et ils répondaient : « Ouais. » » [Rires] Mais c'est tellement mieux maintenant, parce qu'on peut rester en studio, tout faire avec une IA, puis confier le morceau à de vrais musiciens et les laisser prendre le relais. Ça m'a vraiment aidé. Beaucoup de gens pensent que c'est de la triche.
Interrogé sur son processus de composition, Geezer a répondu : « Avec Black Sabbath, on se réunissait dans une pièce et on improvisait sans cesse jusqu'à ce que quelqu'un trouve une idée exploitable. Une fois qu'on avait un bon riff, on s'occupait de la musique. Ozzy [Osbourne, le chanteur de Black Sabbath] chantait sa partie vocale, et ensuite j'écrivais les paroles. Donc, l'inspiration venait surtout des improvisations. »
Les années 90 ont été une période difficile pour nombre de figures emblématiques du rock des années 70. L'ère de la nostalgie, devenue depuis une véritable industrie, n'avait pas encore pris son essor et nombre de musiciens présents aux débuts du rock se retrouvèrent désemparés face à l'arrivée de la nouvelle décennie et à la vague novatrice et rafraîchissante du rock « alternatif » qui dominait la scène musicale.
En 1995 sortait « Plastic Planet », le premier album solo de Geezer, suivi en 1997 par « Black Science », et « Ohmwork » complétant la trilogie en 2005. En octobre 2020, les trois albums furent réédités pour la première fois en vinyle par BMG, les versions CD et LP arborant des pochettes inédites.
« Plastic Planet », initialement sorti sous le nom de G/Z/R, avec Burton C. Bell, chanteur du groupe californien pionnier du metal industriel/groove FEAR FACTORY, est considéré comme un classique du metal des années 90. L'album fusionne à la perfection les racines doom blues rock de Geezer avec le son metal à influence industrielle, élément clé de l'évolution du genre dans les années 90.
Pour cet enregistrement, Bell était accompagné de Peter Howse, collaborateur de longue date de Geezer (surnommé « Pedro » par Butler, en référence à un personnage de la série télévisée « Four Feather Falls »). Howse était membre fondateur du GEEZER BUTLER BAND en 1985 et a composé et joué dans toutes les formations de GZR/GEEZER. La batterie était assurée par Deen Castronovo, qui délivrait les rythmes percutants propulsant les grooves lourds et le son métallique et mécanique de « Plastic Planet ». Côté textes, Butler abordait des thèmes technologiques, de science-fiction et dystopiques, mêlés aux problématiques sociales de « Drive Boy, Shooting » et « The Invisible », des thèmes en parfaite adéquation avec les sonorités futuristes de l'époque.
De retour en 1997 avec « Black Science », initialement sorti sous le nom de GEEZER, Butler retrouve le batteur Deen Castronovo et le guitariste Pedro Howse sur cet album. À l'instar de « Plastic Planet », il est produit par Butler et Paul Northfield (RUSH, ALICE COOPER, SUICIDAL TENDENCIES, DREAM THEATER). Bell, retenu par ses engagements avec FEAR FACTORY, ne peut assurer le chant, mais son absence est plus que compensée par la performance vocale impressionnante et puissante de Clark Brown, alors inconnu, qui livre une prestation énergique sur les rythmes lourds et énergiques de l'album.
Il faudra attendre 2005 pour que Geezer puisse reprendre ses explorations solo. Après son retour chez SABBATH pour l'Ozzfest de 1997, groupe qu'il intègre depuis, il sort « Ohmwork » en 2005, sous le nom de GZR. Une fois de plus, l'enregistrement fut réalisé avec Clark Brown au chant et Pedro Howse à la guitare. La différence, cette fois-ci, résidait dans le fait que la batterie était assurée par Chad E. Smith (le batteur vétéran de Saint-Louis, et non le percussionniste des Red Hot Chili Peppers du même nom).
Avec « Ohmwork », les influences metal industriel de la décennie précédente avaient disparu, mais Butler refusait obstinément de se complaire dans le passé et restait résolument contemporain, puisant son inspiration, en fin connaisseur de musique, dans tout ce qui se passait dans le rock à l'époque. Du pedal steel metal d'« Aural Sects » à l'épopée néo-psychédélique…
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