Wacken, c'est toujours plus qu’un simple festival. C’est un monde parallèle que ce petit village perdu tout en haut de l’Allemagne dont la population passe de moins de 2000 à 85000 habitants, presque tous vêtus de noir, le temps d’une semaine pour en faire la troisième ville du Land du Schleswig-Holstein derrière Lübeck et Kiel. C’est aussi une expérience, une parenthèse hors du réel à vivre absolument au moins une fois pour tout bon metalleux.
Mais cette édition 2025 avait quelque chose d’encore plus particulier : une sensation permanente d’évoluer dans un univers de science-fiction dystopique. En effet, le thème officiel du festival tournait autour de l’espace, des aliens et de la conquête spatiale. Partout sur le Holy Ground sont installés des structures futuristes, des visuels cosmiques, des installations évoquant des bases lunaires et des animations de science-fiction. Il y avait par exemple une fusée grandeur nature à côté des scènes principales. Un Space Camp ajoutait encore à cette impression étrange : conférences sur le thème spatial, astronautes invités… Wacken regardait clairement vers les étoiles cette année. Sauf qu’entre la terre et les étoiles, des nuages gris et très humides ont rendu la vie sur place bien difficile.
La boue fait partie de la légende de Wacken. Pourtant, en temps que pratiquants réguliers du festival, nous pouvons certifier que ce n’est pas toujours le cas et les éditions ensoleillées sont quand même plus fréquentes.
Je répète : CE N’EST PAS CHAQUE ANNÉE QU’IL Y A DE LA BOUE A WACKEN !!! Et je maintiens mes propos ! Et j’invite tous ceux qui en doutent à monter essayer parce que quel que soit le scénario, l’expérience sera inoubliable.
Il y a eu aussi quelques éditions caniculaires, et ça fait beaucoup moins parler quand c’est le cas. Mais le plus souvent, climat océanique oblige (le village est à une vingtaine de kilomètres de la mer du Nord), c’est un temps variable avec quelques averses et du vent. Il est effectivement rare qu’il n’y ait pas au moins un épisode de pluie dans la semaine et je ne recommanderai certainement pas d’aller à ce festival sans prévoir un poncho, un kway ou un ciré. Mais c’est en général supportable. Je n’ai jamais vu de pluie en continu à Wacken. Sauf cette année !
Ce WOA 2025 est le premier festival que j’ai fait, en vingt-cinq ans d’activité festivalière régulière, où il a plu sans arrêt pendant cinq jours. Et je ne vais pas mentir : c’est dur ! Ce n’était pas toujours de la forte pluie. Parfois ça tombait dru, parfois c’était du crachin, des éclaircies fugaces pouvaient même nous laisser un peu d’espoir fugace, douché peu après par des trombes d’eau. Durant quatre jours, la pluie a transformé progressivement le festival en gigantesque marécage. Les allées deviennent au fur et à mesure impraticables, certaines zones (en particulier dans l’Infield) ressemblent à des tranchées, et les festivaliers avancent parfois avec de la boue jusqu’aux chevilles.
Et pourtant, paradoxalement, nous avons aimé cette édition. En fait, c’est surtout en visionnant des vidéos et des photos qu’on a vraiment vu à quel point les conditions étaient extrêmes. Sur place, quand on était dedans, on ne s'en rendait pas trop compte. L’affiche était de très belle facture, la qualité des concerts était optimale et faisait la plupart du temps oublier l’état sur sol. Il y avait en plus plein d’animations sympas en plus de la déco spatiale (notamment les spectacles de drones), et l’ambiance si particulière du festival était toujours là. Bref, c’était dur mais on a tous kiffé !
Tout avait bien commencé. Après avoir pris l’avion à Toulouse tôt le mardi matin (car, rappelons-le, Wacken est désormais officiellement un festival sur quatre jours complets du mercredi au samedi) pour aller à Hambourg avec une correspondance à Bruxelles, Kevin notre super chauffeur de taxi nous prend à l’heure sous un soleil agréable et nous dépose au guichet où nous récupérons facilement les bracelets. Par contre, si le ciel est bleu, le sol est un peu boueux. Rien de catastrophique, on est loin du carnage de l’édition 2023 où 20000 personnes avaient été dans l’impossibilité de venir tant le terrain était impraticable. Et on n’a donc pas d’inquiétudes particulières quant à la météo. Le temps de s’installer et d’ouvrir les premières bières, et on se fait une fondue bien sympa et en toute convivialité… Toujours par un beau temps. Jusqu’à ce que la nuit tombe. Là, les premières gouttes commencent à tomber. On est quelques uns dans le groupe à décider d’aller faire un petit tour sur le site avant l’invasion des prochains jours. Cela permet de découvrir des chemins de forêt aménagés, très agréables. Et on retrouve donc notre cher Holy Ground avec ses stands de nourriture, de boissons et de merchandising. On peut constater que la disposition est la même que celle qui existe depuis le retour des festivals en 2022 avec les deux immenses scènes de l’Infield (la Faster et la Harder), l’autre grande scène très excentrée (la Louder) où je n’aurais pratiquement pas l’occasion d’aller à cause de la météo, l’espace Bullhead avec les deux scènes moyennes (la Wet et la Headbanger), l’espace Wackinger pour tout ce qui est folk et médiéval, et l’espace Wasteland pour le post-apocalyptique. Des spectacles de drones sont déjà en place, notamment pour rendre hommage à Ozzy Osbourne décédé deux semaines auparavant, et des décorations relatives à la thématique de l’espace sont rajoutées pour un effet bien sympa. Sans aller jusqu’à égaler la beauté de la scénographie du Hellfest, le site de Wacken est beau cette année. Malheureusement, l’esthétique va passer au troisième plan à cause de la météo. Parce qu’il commence à bien pleuvoir et le site devient de plus en plus boueux… Et ce n’est que le début ! Mais la première soirée était quand même bien agréable.
Mercredi 30 juillet 2025
Le mercredi commence directement dans des conditions difficiles. Il a quand même plu toute la nuit… Le matin au réveil, ça va à peu près. Le sol du camping n’est pas détrempé et il ne tombe que quelques ondées. La matinée se déroule très tranquillement. Ça va par contre se gâter en allant sur site. On peut dire qu’aujourd’hui, le ciel nord-allemand semble décidé à tester la résistance des 85 000 festivaliers présents.
WARBRINGER à la Wasteland est le premier groupe que nous voyons sous une pluie torrentielle. Le thrash agressif du groupe canadien prend une dimension presque primitive dans ces conditions. La fosse est un véritable bourbier où les gens headbangent en glissant dans la gadoue. C’est brutal, sale, et parfaitement adapté à l’ambiance post-apocalyptique de la Wasteland. Par contre, j’ai quand même un peu de mal à apprécier le concert. La pluie est vraiment forte, la gadoue doit bien faire 20 cm et par endroits, la pluie n’est même plus absorbée et il y avait des flaques de boue assez impressionnantes. J’avais eu la bonne idée d’acheter un ciré aux couleurs du festival (pas spécialement cher, à 30€, et de très bonne qualité). Ça a peut-être été le meilleur achat que j’ai pu faire. Mais on a quand même suivi le concert contre une cabane, vaguement à l’abri… Je trouve ça plutôt bon, avec un groupe très motivé à jouer pour le public qui a le courage de venir les voir et d’y rester. Je reverrais Warbringer avec plaisir dans d’autres conditions. Là, ce n’était pas possible !
Après ce déluge, on est bien contents de trouver une place assise, d’abord au Biergarten de l’espace Bullhead qui a la bonne idée d’être couvert. Quand il fait beau, ça fait office d’ombrière et quand il pleut, on est à l’abri. Dans les deux cas, c’est bien appréciable !
Le déluge finit quand même par se calmer et on peut ressortir et même faire un tour. On constate qu’à certains endroits, le sol tient encore mais d’autres sont très liquides. Au loin, sur la Louder, HANABIE. apporte un contraste total. Même vus de loin, les Japonais imposent leur chaos ultra coloré, mélange improbable de metalcore moderne, d’énergie hystérique et d’esthétique pop complètement déjantée avec une joie affichée qui contraste avec le temps maussade (doux euphémisme). Dans un festival longtemps dominé par le metal traditionnel (qui est et sera quand même toujours mon cœur de cible), ce genre de groupe montre à quel point la programmation du Wacken s’est ouverte ces dernières années. Et en fait, ça fait du bien de voir cette diversité. Dans le genre, j’apprécie beaucoup Maximum The Hormone et on retrouve un peu de cet esprit barré et tellement nippon. Je n’ai vu que de loin mais je me ferais un plaisir de revoir ce groupe.
On enchaîne sur la Wackinger avec SAMSAS TRAUM et sa musique étrange, très germanique mais fascinante. Peu connu en France, et plus habitué à des événements gothiques comme le M’Era Luna ou le Wave Gothic Treffen qu’à des festivals purement metal comme Wacken, ce groupe est très original et vaut le coup d'œil. Samsas Traum a été fondé en 1996 par Alexander Kaschte, avec l’idée de créer une musique sombre, théâtrale et très personnelle. Dès le départ, le projet se distingue par un mélange de metal et de darkwave avec des passages symphoniques et une atmosphère proche de la littérature gothique. Le nom du groupe vient de Gregor Samsa, le personnage central de La Métamorphose de Kafka. Ce choix résume bien leur univers : étrange, mélancolique, parfois brutal, mais toujours très travaillé sur le plan artistique. Le groupe transforme la Wackinger en performance théâtrale hallucinée. Alexander Kaschte est littéralement possédé par sa musique. Ca fait bizarre de les voir sur cette scène dédiée plutôt au folk metal et aux spectacles médiévaux mais au final, ce cadre va bien à la musique et à la personnalité de Samsas Traum.
Après une petite pause, retour à la Wackinger pour voir IN THE WOODS.... Voilà un groupe que je n’aurais jamais cru voir un jour, et certainement pas à Wacken. J’étais tombé amoureux du black metal atmosphérique de leurs débuts, dans les années 90, avec le fantastique “Heart of the ages”. Après, ils ont suivi une direction plus progressive et avant-gardiste, très intéressante mais parfois un peu trop complexe pour moi. Puis, il y a eu un split de quatorze années, avant leur retour en 2014. Et j’aime beaucoup leur dernier album en date, “Otra” sorti en 2025. Bref, j’attends beaucoup de leur prestation. Je ne serai pas déçu car le concert est superbe. Profondément immersif. Le groupe parvient à transformer le chaos du festival en expérience presque contemplative. Les ambiances atmosphériques, les mélodies mélancoliques et les nappes de claviers et surtout, la magnifique voix du chanteur, très majoritairement dans une belle voix claire, semblent flotter au-dessus de la boue et de la pluie. Cette dernière est modérée pendant ce concert et plutôt qu’un désagrément, cela contribue à renforcer cette atmosphère irréelle. Un concert magique !
A la suite de ça, je tenais à voir un bout de DEINE COUSINE à la Louder. Je verrai ça de loin, en allant chercher à manger, juste le temps d’apercevoir un morceau énergique et fédérateur. D’aucuns pourront dire que ce groupe est trop punk, ou trop pop, ou trop allemand… Mais j’adore le punk allemand ! Cette chanteuse (Ina Bredehorn de son vrai nom) a une excellente voix et joue un punk mélodique, parfois un peu trop sucré mais avec des refrains qui font mouche. Elle est de Hambourg donc elle joue à domicile. J’aurais aimé voir le concert entier avec son public qui chante les paroles par coeur et en choeur, mais ce sera pour une autre fois, car entre la météo et le fait qu’elle joue entre deux groupes que je tenais à voir, il fallait faire des choix.
Et puis arrive le grand moment du mercredi dans l’Infield, et l’un des plus grands de tout le festival : le concert des 25 ans de SALTATIO MORTIS. Cet événement spécial avait été l’une des premières annonces de groupes faites l’année dernière en vue de cette édition 2025, pour mon plus grand bonheur. Je suis en effet particulièrement fan de ce groupe de folk metal allemand. Moins connus hors de l’aire germanophone qu’In Extremo, ils sont pourtant à voir absolument. Déjà parce que c’est une machine à tubes, et aussi parce que ce sont des bêtes de scène, en particulier leur très charismatique chanteur Alea der Bescheidene. Ils ont un gros succès en Allemagne, où ils jouent parfois dans des Zéniths, et ils y ont donc le statut pour être tête d’affiche de gros festivals sans que ça ne choque personne (même si, de ce côté-ci du Rhin, ça peut surprendre). Et un groupe tête d’affiche de Wacken pour un concert spécial, en général, c’est quelque chose ! Les promesses vont être tenues avec un concert absolument gigantesque.
Par contre, qu’est-ce qu’il va pleuvoir ! On a beau être préparé, avec des chaussures de randonnée 100% étanches et un ciré, c’est une vraie rabasse qui tombe sur le ciel d’Allemagne du nord pendant ces deux heures. Je tiendrai jusqu’au bout, parce que je suis fan ! Ce ne sera pas le cas de tous mes acolytes. Aucun regret cependant au vu de la qualité du show proposé. Ça aurait même été le meilleur concert depuis plusieurs années dans des conditions plus clémentes. La pluie donne certes une coloration particulière à certains morceaux, et peut même mettre en valeur certains effets visuels tant le light show est grandiose. Mais c’est rude quand même ! Mais c’est bon ! Mais c’est rude !
Dès « Finsterwacht », le morceau introductif épique de huit minutes (sans Hansi Kürsch en guest contrairement à la version de l’album), SaMo (comme disent les Allemands) transforme la tempête en élément de spectacle. Les cornemuses traversent littéralement les rideaux de pluie pendant que les écrans géants projettent des visuels monumentaux. Le mélange entre l’esthétique médiévale de Saltatio Mortis et les décors spatiaux du festival fonctionne étrangement bien. On a parfois l’impression d’assister à une gigantesque cérémonie païenne sous la pluie organisée au milieu d’une station spatiale en train de sombrer dans la boue.
La setlist alterne parfaitement entre hymnes festifs (cf. “Loki”, “Wo sind die Clowns”, “Heimdall”) et passages épiques (par exemple “Odins Raben”, le medley “My Mother Told Me / Valhalla Calling” avec le support de Miracle Of Sound ou encore la manowarienne « Feuer und Erz » avec la violoncelliste Tina Guo). Sans oublier la reprise d’Electric Callboy “Hyppa Hyppa” avec lesdits callboys en guest pour faire du dancefloor. Par contre, la setlist est vraiment axée sur la période récente, depuis que Saltatio Mortis est distribué par Universal : le groupe ne jouera quasiment aucun titre de leurs (pourtant nombreux) premiers albums sortis chez Napalm Records.
Mais ça ne dérange personne car ces morceaux plus récents sont excellents et le Wacken entier chante sous la pluie battante. Du moins ceux qui ont la force de rester parce que plus ça va, plus la pluie tombe fort et plus on voit de festivaliers qui renoncent. Avant les rappels, Alea va descendre dans la fosse pour partager la gadoue avec les festivaliers et demandera que l’on fasse des pogos et circle pits avec lui. Lorsqu’il est remonté sur la scène, il en était ému aux larmes. Le final avec « Für immer jung » (avec Ina, la chanteuse de Deine Cousine, qui aura le bon goût de lécher la joue d’Alea histoire de donner une gentille touche de délicatesse punk) et « Spielmannsschwur » avec tous les guests qui viennent chanter une dernière fois ensemble, transforme totalement le concert en célébration collective. Trempés jusqu’aux os, les festivaliers qui ont eu le courage de rester jusqu’au bout quittent pourtant le site avec le sourire.
Clairement un concert d’anthologie, malgré les difficultés. Un grand respect à Saltatio Mortis pour avoir assuré autant, et aussi aux techniciens de Wacken pour avoir permis la tenue d’un show pareil sous un déluge.
Et c’est sur ces notes folk et humides que se termine la première journée de ce Wacken 2026. Après ça, il est grand temps d’aller se mettre à l’abri à l’espace VIP, puis d’aller se coucher !
Jeudi 31 juillet 2025
Si le jeudi n’est plus la première journée de Wacken, c’est quand même toujours un programme plus léger qui se termine à minuit avec les programmes Night To Remember, sur les grandes scènes de l’Infield, et Night To Dismember (où le groupe Dismember n’a d’ailleurs jamais joué !) sur les scènes de la Bullhead.
La forte pluie de la veille a laissé des traces sur le site. Cependant, la météo est plus supportable : ça alterne entre faibles averses, crachins et éclaircies. Et puis les organisateurs ont fait ce qui était possible pour enlever de la gadoue du sol, pour rendre tout ça le plus praticable possible.
On profite en tout ça de ce répit pour se poser tranquillement au camping et profiter d’amis qu’on ne voit pas assez souvent le reste de l’année. On assiste également à une conférence sur l’espace à la tente de presse de l’espace VIP… Tout en allemand donc même avec un niveau à peu près correct, c’est un peu trop pointu !
Musicalement, les hostilités commencent à la Bullhead sur une note exotique avec UMBRA CONSCIENTIA. Il s’agit d’un groupe de black metal occulte et satanique, né d’une collaboration entre un Costaricain et un Allemand, avec une esthétique froide et agressive. À Wacken 2025, ils ont offert un set court mais intense, centré sur trois longues chansons, avec des vocaux duaux hantés et une ambiance sombre et intense qui a bien captivé le public. Et puis le fait de voir un groupe du Costa Rica sur une affiche comme Wacken rappelle l’ampleur mondiale prise par la scène extrême. Ça montre aussi que le festival cherche à proposer de nouveaux talents qu’on pourrait difficilement voir ailleurs.
Sur la scène d’à côté, SVARTTJERN laisse une impression plus mitigée. Je connais ce groupe depuis quelques années et je me suis toujours dit que leur black metal assez classique avec des morceaux relativement courts et des riffs thrashisants passerait bien sur scène. Ce ne fut pas le cas. J’ai trouvé ça convenu au possible et le live n’apporte pas grand chose à leur musique.
Puis arrive GRAVE DIGGER à la Harder et toute l’histoire du heavy metal allemand semble soudain revenir sur scène ! Pourtant, il y avait des choses à voir ailleurs dans d’autres styles et en partie Clawfinger, que j’apprécie beaucoup et dont j’avais adoré la prestation ici en 2017. Mais il y a des groupes sur lesquels je n’arrive pas à faire l’impasse, et Grave Digger en fait partie. C’est sentimental. J’ai beau ne plus trop écouter maintenant et être complètement de marbre par rapport à leurs trois ou quatre derniers albums, et même si leur dernière prestation que j’ai pu voir (ici-même en 2022) n’avait pas été fabuleuse, je n’arrive pas à les zapper. Et puis ils annoncent un concert spécial pour leurs 45 ans de carrière, alors on va bien voir ce que ça donne… Eh bien ça va donner !
Pour cette première incursion dans l’Infield depuis le cataclysme de la vieille, le terrain est praticable à certains endroits, moins dans d’autres, mais au final ça va. Ça n'empêche pas les gens de se masser pour célébrer une heure de messe de heavy allemand. Visuellement c’est tout simple et on est loin du gros show de 2010 pour les 30 ans, qui avait d’ailleurs donné lieu à un DVD. Le décor est relativement minimaliste, c’est un peu dommage quand on pense au potentiel qu’offre le festival. Par contre musicalement, c’est le meilleur concert que j’ai vu de Grave Digger depuis bien longtemps. Déjà le son est énorme. Ce sera le cas de tous les groupes qui se produiront sur la Faster et la Harder, du reste. Et niveau setlist, ils font plaisir. Ils ouvrent avec “Twilight of the Gods” qu’ils n’avaient pas rejouée depuis bien longtemps, ils déterrent “The Grave Dancer”, “Back to the roots” et “The curse of Jacques”. Et surtout, en guest apparaît une énorme surprise : Uwe Lulis vient sur “Excalibur”. Les plus jeunes le connaissent actuellement pour avoir été le deuxième guitariste d’Accept depuis 2016. Mais c’est d’abord et avant tout le guitariste historique de Grave Digger, celui à qui on doit les riffs de la plupart de leurs hymnes intemporels de la trilogie médiévale… Jusqu’en 2000 à la suite de leur concert anniversaire (pour leurs 20 ans) à Bochum, où Chris Boltendahl l’a viré de manière assez sale. Je crois même que ça s’est terminé devant les tribunaux. En tout cas, je n’aurais jamais cru une réconciliation possible entre Uwe et Chris. Mais après tout, un quart de siècle s’est écoulé depuis. Et c’est tant mieux ! Autre guest : Jamiro Boltendahl, le fils de Chris à la voix quand même plus accessible, qui vient épauler papa sur les rappels.
Une setlist un peu renouvelée (pas trop quand même mais suffisamment), du plaisir de jouer et une atmosphère familiale : Grave Digger m’a fait passer un excellent moment !
Changement d’ambiance avec HELLBUTCHER à la Bullhead ! C’est le nouveau groupe de Per “Hellbutcher” Gustavsson après la fin de Nifelheim. Musicalement, on est en plein dans le black/speed metal à l’ancienne : énormément de Venom, Bathory, Hellhammer et du vieux thrash allemand dans l’esprit. Le line-up est assez costaud avec notamment Hellbutcher au chant et Martin “Axe” Axenrot (ex-Opeth) à la batterie au début du projet. L’ancien frontman de Nifelheim impose un black/speed metal sauvage, sale et totalement old school avec cuirs, chaînes et clous à foison. J’aime bien ce mélange sauvage et régressif, finalement assez punk dans l’esprit, mais avec quand même un peu de mélodies. C’est tout simple, pas de mise en scène moderne, pas de triggers ou d’effets tape-à-l’œil, juste du speed black metal joué à fond avec une énergie très années 80. Et puis même si le style est simpliste, ça joue bien ! Bref, un excellent moment, true et old school à souhait.
Et on change encore d’ambiance en allant à la Wackinger pour MYSTOPERA. J’avais un peu écouté avant le festival et ça m’avait bien plu. Leur album “Das Lied der steinernen Engel” est vraiment bon, pour tous les fans de metal symphonique et de folk metal. J’étais curieux de voir ça en live. En plus, il est 20h passé lorsqu’ils jouent. Ça va être l’une de mes révélations du festival, et même le fait d’avoir les pieds dans une flaque de boue et une bonne petite averse.
Les Allemands ont proposé un show magnifique. Les deux membres fondateurs du groupe connaissent déjà les lieux puisqu’ils se sont déjà produits à Wacken avec leur ancien groupe Krayenzeit (que j’aimais bien, d’ailleurs).. On a droit à de nombreux guests tels que Ralf Scheepers de Primal Fear et des musiciens connus de ceux qui suivent la scène folk allemande comme Saskia Maria de Schandmaul, Aiello de Harpyie…
Le projet mélange opéra, metal symphonique et narration théâtrale avec une ambition énorme. C’est extrêmement bien fait. Les nombreux guests et la scénographie transforment le concert en véritable space opera metal. En plus la légère pluie qui tombe donne une ambiance assez particulière et renforce l’impact de leur musique. Mystopera pourrait être placé quelque part entre Therion, Haggard et Saltatio Mortis. Ils auraient tout à fait leur place à un festival comme Echos et Merveilles, où ils devraient mettre tout le monde d’accord.
Très belle découverte en tout cas !
Après un peu de repos et de repas, on va jeter un œil à GUNS’N'ROSES. Les voir à Wacken en 2025 est assez étrange. Certes, ils ont joué à d’autres gros festivals de metal dans le passé tels que le Hellfest, le Graspop ou le Sweden Rock. En plus, leur annonce avait fait le buzz car leur promo les avait annoncés début décembre en coupant l'herbe sous les pieds du festival, qui voulait le faire pour noël et a finalement été contraint de le faire plus tôt. Au final, ça a fait parler deux fois plus. Et une bonne partie de l’imagerie du festival a été axée sur les Guns, jusque dans le merchandising. Sans compter tous les guests de l’espace VIP invités par les partenaires, qui étaient particulièrement nombreux juste ce jour.
Mais personnellement, ça ne me disait rien. Je les avais vus en 2012, donc treize ans auparavant, et je trouvais déjà qu’Axl Rose n’avait plus de voix. Je suis en général assez méfiant vis-à-vis des vieux groupes qui ne vivent plus que sur leur passé. Est-ce que ça a encore du sens de voir Guns’n’Roses en 2025 ? La réponse est non.
Comme c’était le plus long concert de l’histoire du festival, on se disait qu’on aurait bien le temps d’en voir une partie et de commencer par regarder d’autres groupes (tels que Mystopera, ce que je ne regrette absolument pas) et de se poser et de manger (ce que ne regrette absolument pas) avant de tenter le coup. Donc le concert des Californiens a dû commencer depuis plus d’une heure quand on arrive à la Faster. Il y a le son, les lights et c’est vraiment le gros show à l’américaine. Et Slash reste monumental. Mais il y a quand même un souci là-dedans : Axl Rose est là et il n’est pas bon. Vocalement, il est aux fraises. Comme frontman, il ne ressemble plus à rien et a perdu toute son aura d’antan. Certes, à près de 60 ans, ça ne peut plus être le beau gosse charismatique et sulfureux qu’il était en 1988. Le lui reprocher serait faire de l'âgisme. Mais là, c’est pathétique. On assiste à quatre morceaux qui sont sauvés par les musiciens, qui eux sont très bons. Moi qui ne suis pas un grand amateur de solos à rallonge, je ne peux que remercier Slash d’avoir montré l’étendue de son talent et d’avoir ainsi dilué les parties de chant de son comparse. Quand le groupe a commencé une reprise de “Sabbath bloody Sabbath” de vous savez qui, en vue de rendre hommage à Ozzy, on a rendu les armes ! Tout le monde n’aime pas le chant d’Ozzy, ce que je comprends, mais le Madman sonnait comme un ténor en comparaison avec ce que l’Axl Rose actuel est capable de faire en 2025.
Je trouve ça assez triste en fait. Ce genre de prestations entache vraiment la légende d’un groupe aussi mythique. Après, ce n’est pas non plus une surprise….
Preuve que les Guns n’ont pas été bons : alors que l’Infield est blindé pour les grosses têtes d’affiche à Wacken, là on circulait sans difficultés, alors même que l’état du sol était difficile.
Après, visuellement, niveau son, prod... c'était magnifique ! Mais ça ne fait pas tout, le fond importe quand même plus que la forme.
Après cette prestation en mode pétard mouillé (dans tous les sens du terme) de la tête d’affiche, on passe à côté sur la Bullhead pour nous consacrer à la Night to Dismember : un peu de violence ne fait pas de mal après un concert décevant !
On commence par du death old school avec BENEDICTION. Ce groupe fait partie des piliers historiques du death metal britannique du début des années 90, même s’ils ont souvent été un peu dans l’ombre de groupes comme Bolt Thrower, Carcass ou Napalm Death. Benediction, c’est un death metal assez groovy et martial, des gros riffs essentiellement mid-tempo, des influences thrash et punk/crust très présentes, un côté terre à terre et direct plutôt que technique ou atmosphérique, le tout mené par un grand frontman en la personne de Dave Ingram. Et ça prend toute sa dimension sur scène. Il ne faut pas chercher de grande recherche musicale chez ce groupe, mais de l’efficacité et de la lourdeur. Et ça, ils savent faire à la perfection. Il y a en tout cas une belle ambiance avec beaucoup de monde devant la scène. En même temps, avec la déception des Guns à côté, c’est normal aussi que des gens viennent en curieux voir ce qui se passe sur les autres scènes et s’ouvrir à d’autres styles. Moi qui ne suis pas un grand amateur de gros death, j’ai en tout cas pris pas mal de plaisir devant ces Anglais.
La soirée va se terminer sur une note evil avec 1349. Et vraiment une note tant on avait l’impression que c’était monotone. Pourtant, à la base, j’aime bien. J’aime bien les écouter sur album, j’avais aimé leur prestation à Toulouse en 2020 en première partie d’Abbath. Mais là, on a vraiment l’impression que c’est tout le temps la même chanson. Pourtant ça joue bien avec un gros son, une superbe light show avec des lights rouges au top. Et au début c’est très bien avec cette violence froide et ces blastbeats inhumains. Mais au début seulement. Après, ça devient monotone et l’ennui finit par prévaloir sur le reste. On a fini par quitter la fosse pour aller s’asseoir sur un banc du Biergarten et regarder la fin du concert de là.
Dommage, j’en attendais pas mal de ce concert. Dans un style similaire, j’ai très largement préféré Umbra Conscientia plus tôt dans la journée.
Ainsi se termine la journée du mercredi, qui va se terminer tranquillement à l’espace VIP où nous ferons la connaissance des fort sympathiques Killotine, groupe de thrash du fin fond de l’Ontario qui représentait le Canada à la Metal Battle la veille.
Vendredi 1er août
Au réveil, la pluie est modérée. Le temps de prendre le petit déjeuner et ça va vivement s’intensifier. Les déplacements deviennent extrêmement compliqués. Impossible même d’aller voir Induction ou Brothers of Metal à cause des intempéries. C’était carrément des rideaux de pluie, du même niveau que pendant Saltatio Mortis. On était pourtant bien motivés pour ces deux très bons groupes de power et c’est le cœur lourd que nous y renonçons. On aurait été sur place, on aurait peut-être tenté le coup mais là, on préfère un minimum de confort au sec. Le début de journée est un peu difficile et maussade, donc.
Notre premier concert de la journée se fait à 16h à la Bullhead avec WEDNESDAY 13, dont le horror punk fun et macabre apporte une respiration bienvenue. Ça se passe pendant une vraie éclaircie : il fait beau et le soleil cogne d’ailleurs assez fort. C’est surprenant mais il faut s’attendre à tous les types de climat dans la même journée à Wacken : la seule chose qu’on n’aie jamais eue encore là-bas, c’est la neige ! Enfin pour ce concert, la neige, on en est très loin. Ca fait un bien fou d’avoir du soleil et un groupe à la musique assez festive qui met bien la pêche. Par contre, on a les pieds bien dans la boue. Les flaques de gadoue sont vraiment impressionnantes et heureusement qu’on est tous bien équipés avec des chaussures de randonnée bien étanches ! En tout cas , Joseph Pool est bien à fond, il court partout sur la scène et sa joie d’être là est très communicative. Je ne suis pas un grand connaisseur de Wednesday 13 mais ça m’a fait un bien fou de les voir.
On enchaîne à côté sur les Lyonnais de CÉLESTE. La France est à l’honneur cette année, sachant que les Marseillais de Landmarks jouaient plus tôt sur la Faster (avec un temps pas du tout marseillais qui nous a dissuadés d’aller les voir !) et que Gojira fait partie des têtes d’affiche du festival. On essaie donc de soutenir notre scène nationale à l’étranger.
Céleste faisaient partie des premiers groupes annoncés l’année dernière. C’est impressionnant de les voir à ce niveau. Bien sûr, ils sont signés chez Nuclear Blast et ça leur ouvre des portes mais ça force le respect. Et la qualité de la prestation est au niveau. Si la météo pendant le concert varie entre grosses averses et beau soleil, musicalement c’est constant. Céleste s’est construit autour d’une identité très marquée, avec une esthétique sombre et des compositions souvent tendues, denses et émotionnelles. Leur musique est décrite comme du post-black metal avant-gardiste, à la croisée du black metal, du hardcore, du sludge et d’ambiances plus cinématographiques. On va avoir droit à une prestation intense et sombre. Peu d’effets superflus, une présence austère, et une musique qui prend toute sa force dans le poids des guitares et l’épaisseur de l’ambiance. Le rendu aurait été encore meilleur de nuit, mais c’était du tout bon quand même.
Encore un changement de style et d’ambiance, preuve de la diversité de l’affiche de cette année : les Danois de IOTUNN jouent à la Wackinger pour l’un des plus beaux concerts de la journée. Le groupe existe depuis 2015, fondé par les frères Jesper et Jens Nicolai Gräs. Le nom du groupe signifie “géant” en vieux norrois et l’on peut supposer que c’est en partie pour ça qu’ils jouent sur cette scène. Parce qu’il y a quelques influences pagan et folk dans leur musique mais clairement pas majoritaires : Iotunn joue un death mélodique progressif qui le mettrait plus dans la case d’un Opeth que d’un Moonsorrow, par exemple. Le groupe joue en tout cas beaucoup sur les ambiances, les contrastes et la montée en puissance, à l’image de leur excellent chanteur qui alterne avec brio growls et chant clair. Les guitaristes ont énormément de feeling. Les titres sont longs mais on ne s’y ennuie jamais, et on se retrouve emporté dans l’univers musical des Scandinaves. C’était génial, une belle découverte !
Par contre, l’espace Wackinger n’était déjà pas en très bon état la veille mais la grosse pluie du début d’après-midi l’a complètement achevé. Le sol est marron foncé et liquide… Heureusement qu’on a des chaussures parfaitement étanches (un peu de pub : les marques Meindl, Salomon, Haix et Brandit sont top pour vos pieds dans les festivals boueux !).
Après une petite pause en terre ferme, on passe à la Wasteland pour un autre groupe scandinave avec les Suédois d'ISTAPP. Ce groupe, découvert quelques mois plus tôt à peine, est l’un des secrets les mieux gardés (et le plus givré) de la scène black metal mélodique suédoise. Formé en 2005, le groupe a construit toute son identité — visuelle comme musicale — autour d'un concept radical : la haine absolue de la chaleur, du soleil, et une dévotion totale à l'hiver éternel et à la glace (Istapp signifie d'ailleurs "glaçon" ou "stalactite" en suédois). Leur musique, qu'ils qualifient eux-mêmes de Bleak Metal, mélange l'agressivité brute du black metal traditionnel avec des mélodies glaciales ultra-accrocheuses, des chœurs épiques et un tempo souvent effréné. Ils surnomment leurs fans les “coldheads” !
Le groupe a hérité d'un spot parfait en fin d’après-midi sur la Wasteland Stage, la scène du festival au décor post-apocalyptique digne de Mad Max. Un contraste d'ailleurs assez savoureux : voir un groupe qui ne jure que par le blizzard éternel jouer au milieu des structures de métal rouillé, des lance-flammes et de la poussière (ou de la boue cette année !). Autre point assez cocasse : les Suédois ne font que dire “fuck the sun” alors qu'ils jouent au moment le plus ensoleillé du festival. Si par terre c'est une immense flaque de boue, il fait beau et chaud à ce moment de la journée (bien entendu, ça ne va pas durer !).
Les membres d'Istapp sont montés sur scène arborant leur traditionnel corpse paint intégralement blanc et bleu givre. Le groupe n'a pas perdu une seconde en bavardages. Ils ont enchaîné leurs morceaux à une vitesse stroboscopique ! Le rendu sonore a fait honneur au groupe. Les riffs tranchants comme des rasoirs de glace et les blastbeats chirurgicaux soutenaient parfaitement les alternances entre voix criées stridentes et chants clairs théâtraux dont certains, assurés par Andreas Hedlund alias Vintersorg en guest sur leur dernier album, étaient sur bande. C'est d'ailleurs sur une excellente reprise de Vintersorg,”Ödemarkens son”, et sur un ultime “Fuck the sun” que les Nordiques quitteront la scène après trois quarts d'heure intenses.
On retourne à la Wackinger pour aller soutenir des compatriotes avec EIHWAR ! Ce duo toulousain (composé d'Asrunn et Mark) a littéralement braqué la scène internationale en un temps record. Repérés sur YouTube et rapidement signés chez Season of Mist, ils proposent un concept hybride ultra-efficace : des chants rituels nordiques, des tambours chamaniques, de la harpe, mais le tout propulsé par de grosses machines techno/electro et des basses industrielles lourdes. C’est violent, c'est festif, et c'est calibré pour la transe. La présence d'Asrunn est magnétique. Entre ses incantations viscérales, ses cris de guerre et sa manière d'occuper l'espace, elle hypnotise la foule pendant que Mark gère les machines et martèle ses fûts comme s'il chargeait au combat. Les morceaux comme Viking War Cry ou Berserk ont provoqué des pogos et des circle pits d'une nature différente des autres scènes. Ce n'était pas l'agressivité du thrash ou du death, ce n’est d'ailleurs même pas du metal. Mais ça dégage la même force par une sorte de transe collective rythmée par les BPM de l'électro. Les festivaliers, bières à la main, hurlaient les refrains répétitifs en rythme. C'était vraiment excellent et ça change complètement.
Après ce moment OVNI, on retourne à l’Infield pour quelque chose de beaucoup moins original et beaucoup plus traditionnel mais tout aussi jouissif : DIRKSCHNEIDER vient célébrer sur la terre sainte du metal les 40 ans (+2 puisque l’album est sorti en 1983!) de l’immense “Balls to the wall” d’Accept, qui sera joué en intégralité. À 73 ans, le Udo n'a absolument rien perdu de sa hargne ni de sa voix si particulière. Il a livré une performance vocale impressionnante, conservant ce timbre de suraigu et rugueux qui fait son identité depuis les années 80. Il est accompagné par un groupe ultra-carré (incluant son fils Sven aux fûts et Peter Baltes, l'ancien bassiste historique d'Accept qui l'accompagne désormais), et montre une fois de plus que le vieux metal des années 80 n'avait pas besoin de fioritures ou d'effets visuels modernes pour faire mouche : de gros riffs, une section rythmique en béton et des refrains fédérateurs suffisent largement. Et ça ne va pas manquer en cette fin d’après-midi toujours ensoleillée. Et voir Udo Dirkschneider interpréter l'intégralité d’un album mythique d’Accept provoque une belle réaction du public teuton. Les "London Leatherboys", "Head over heels", "Love Child" et surtout "Balls to the Wall" transforment la fosse en célébration géante du heavy metal allemand. Un beau moment aussi est l’apparition de Doro Pesch (que serait un Wacken sans sa présence ?) pour un joli duo sur la ballade “Winter dreams”. Bref, un très beau moment de heavy allemand en Allemagne comme on l’aime !
Après le true heavy, un peu de true punk à la Bullhead avec les UK SUBS, pionniers du punk rock britannique toujours incroyablement vivants malgré les décennies. Le chanteur a quand même 81 ans ! Nous ne nous y attarderons cependant pas car il y a une autre priorité sur un horaire à peu près similaire à la Wackinger.
MOONSORROW est ladite priorité. J’adore le pagan metal des Finlandais depuis bien longtemps et je n’avais encore jamais eu l’occasion de les voir. A 20h15, sous un ciel gris avec des alternances de faible pluie et de soleil et une lumière déclinante, ce sont des conditions quasi-idéales pour apprécier. Les concerts de ce groupe sont réputés immersifs et épiques, plus proches d’un voyage onirique en terres nordiques que d’un show “festif” de folk metal comme les gens l’entendent habituellement. Ici, ce n’est pas Alestorm ni Korpiklaani ! Les morceaux de Moonsorrow étant longs, ils n’en ont joué que cinq pour un show d’une heure. Mais comme chacune de leurs chansons est d’une très grande richesse, on n’a jamais l’impression qu’ils en jouent aussi peu. Le groupe est plutôt statique, communique peu, mais ça va bien avec leur musique et l’ambiance qu’ils veulent créer. Comme la plupart des groupes de la Wackinger, les Finlandais bénéficient en prime d’un son cristallin.
Je voulais voir Moonsorrow depuis longtemps, je n’ai pas été déçu. Qu’est-ce que c’était bon !
Pendant ce temps avait lieu la prestation de PAPA ROACH sur la Faster, dont ils étaient l’une des têtes d’affiche. Je n’aime pas donc je n’ai pas été voir. En plus, la pluie recommençait à tomber dru. Par contre, ils ont ramené du monde. Je n’imaginais pas qu’ils avaient un tel succès. C’est certes un très gros groupe de nu metal mais quand même pas au point d’un Korn ou d’un Slipknot. De loin le show avait l’air spectaculaire. Tant mieux pour les fans…
Puis arrive DIMMU BORGIR à côté sur la Harder. L'atmosphère change instantanément de dimension. Réduit au duo historique Shagrath et Silenoz à la composition, épaulé par une machine de guerre implacable sur scène (menée par le martèlement chirurgical de Daray à la batterie), Dimmu Borgir s'est emparé de la nuit allemande pour un set d'une heure et demie d'une efficacité redoutable. C’est la première fois qu’ils reviennent depuis leur prestation en demi-teinte en 2018 sur la tournée “Eonian”. Je ne les avais pas revus depuis. En même temps, ils n’ont pas non plus enchaîné les tournées et se sont faits plutôt discrets. Et puis Galder a quitté le navire… En tout cas, le groupe revient dans de très bonnes dispositions et nous proposent une setlist best-of. Loin de se contenter de capitaliser sur leurs productions récentes (qui sont de toute façon bien inférieures à ce qu’ils ont pu faire entre leurs débuts et le milieu des années 2000), les Norvégiens ont proposé un voyage à travers trois décennies de noirceur théâtrale. En plus, ils ouvrent sur le fabuleux “Puritania”, morceaux aux sonorités industrielles qui dénote avec le black symphonique qu’ils jouent habituellement… et je surkiffe ce titre ! Les lights stroboscopiques soulignent le côté indus et froid du morceau et toute l’immense foule headbangue en masse. D’entrée, le son de la Harder Stage se révèle massif, mettant à l'honneur les orchestrations grandiloquentes sans jamais étouffer le tranchant des riffs de Silenoz. Un petit bémol quand même sur le son : la basse était un peu trop forte. A noter que Shagrath est ce soir impérial dans son rôle de maître de cérémonie occulte, alors que je l’ai parfois vu assez moyen dans son rôle de frontman. Mais ce soir, il maîtrise complètement. Les orchestrations symphoniques et les choeurs samplés sont magnifiquement intégrés. Et les classiques s’enchaînent, avec même un “Cataclysm children” pas joué depuis une bonne dizaine d’années. J’ai aussi eu l’immense plaisir de réentendre “In death’s embrace”, le morceau par lequel j’avais découvert le groupe sur une compilation de Metallian à l’époque, et que j’ai toujours adorée. Le concert atteint son paroxysme lors des rappels, lorsque retentissent les premières notes de “Progenies of the Great Apocalypse”. Ce chef-d'œuvre de grandiloquence est repris en chœur par la foule, porté par des projections visuelles d'une esthétique soignée et sombre. Et un concert de Dimmu Borgir au Wacken ne peut s'achever sans son hymne absolu. Les lumières virent au bleu glacial pour “Mourning Palace”. Ce classique intemporel clôture le set dans une communion totale, mêlant la nostalgie du black metal de la fin des années 90 à la puissance de feu d'une production moderne sur la scène d’un gros festival.
Au final, c’est un excellent retour des Norvégiens, et d'une rigueur professionnelle absolue. Peut-être un peu trop pros et pas assez communicatifs, mais en même temps c’est du black metal !
Dimmu Borgir clôture la journée avec brio et montre qu’un gros concert à Wacken, c’est quand même autre chose !
Pendant ce temps, SCHANDMAUL qui jouait au même moment à la Wackinger avait attiré une foule tellement énorme que l’accès à l'espace médiéval finit par être fermé. On a reçu l’info via une notification de l’application, nous indiquant que l’espace médiéval était saturé et qu’il fallait aller voir d’autres concerts. J’aime bien ce groupe (du folk metal assez proche d’In Extremo ou Saltatio Mortis, avec des riffs toutefois moins acérés) et j’avais même envisagé à un moment d’aller les voir. D’autant que leur chanteur s’est remis d’un cancer et méritait donc du soutien.
Mais au final, j’ai bien fait de choisir Dimmu Borgir : il n’y avait aucun problème d’accès ni de circulation dans l’Infield. Déjà parce que c’est bien foutu, et aussi parce que la pluie et la boue ont rebuté quelques personnes…
Par contre, une preuve de la réactivité des organisateurs qui est à noter : sitôt le concert de Dimmu Borgir terminé, les tracteurs s’activent dans l’Infield pour essayer d’enlever le plus de boue possible pour rendre le terrain plus praticable le lendemain. D’ici-là, il est l’heure d’aller se coucher (après une étape à boire en VIP, natürlich !).
Samedi 2 août 2026
Le samedi arrive avec des festivaliers épuisés après trois jours de pluie, mais toujours debout. Le temps ne s’améliore pas, par contre. La thématique du jour question météo, ça va être une pluie pas forcément forte, jamais à la limite du supportable comme les jours précédents, mais régulière. Donc l’état du terrain et le taux d’humidité global ne vont pas s’améliorer. Mais, comme les autres jours, on va avoir des concerts d’anthologie qui vont permettre faire abstraction de la météo (même si on ne se séparera jamais de nos cirés). En plus, Gojira joue ce soir : pour la première fois, un groupe français est en tête d’affiche du plus gros festival de metal d’Europe. Sans avoir une énorme fibre patriotique (je n’ai jamais été plus indulgent avec un groupe français parce qu'on avait la même nationalité), ça fait quand même plaisir de voir ça. Par contre le début est plus tranquille car le samedi à Wacken, aucun concert ne commence avant midi afin que les festivaliers puissent récupérer et mieux profiter de la dernière ligne droite après trois jours intenses.
Pas suffisamment fan des groupes qui passaient avant pour aller braver les intempéries, les concerts commencent pour nous à 16h avec MASTODON à la Faster. Et le quatuor d'Atlanta n'est pas venu les mains vides puisque c'est la tournée “Ashes of Leviathan” centrée sur leur chef-d'œuvre de 2004, “Leviathan”, plus des pépites du reste de leur discographie. Sous un ciel toujours menaçant, Mastodon a livré une prestation techniquement ahurissante. Ce qui frappe toujours avec ce groupe en festival, c'est la puissance de leur section rythmique. Brann Dailor derrière ses fûts est une pieuvre humaine, tout en assurant ses parties de chant avec une clarté impressionnante, soutenu par la lourdeur des lignes de basse de Troy Sanders.
Le groupe balance ses riffs complexes mais toujours accrocheurs, ses cassures rythmiques et ses ambiances poisseuses (très raccord avec l'état du terrain). L'entrée en matière pachydermique avec l'incontournable "Iron Tusk", qui a immédiatement levé une tempête de headbanging dans l'Infield. La violence technique de "I Am Ahab" et les vagues lourdes de "Megalodon", exécutées avec une précision chirurgicale. Une incursion très appréciée dans des morceaux plus récents mais ultra-efficaces en live comme le dantesque "Steambreather" (tiré d' Emperor of Sand) et le poignant "More Than I Could Chew" (Hushed and Grim), qui a installé une tension dramatique parfaite sous la grisaille allemande.Le point d'orgue du set est la reprise monumentale du "Supernaut" de Black Sabbath. Le groupe y va de son hommage à Ozzy et ça met tout le monde d'accord.
Le bilan du show : un voyage hypnotique de plus d'une heure, lourd et technique qui a offert une magnifique alternative progressive à la programmation plus traditionnelle ou moderne de la journée.
À la Wasteland de produit un groupe extraterrestre : les Italiens (ou plutôt l’Italien Vittorio d’Amore) de MASTER BOOT RECORD. Pour un groupe dont le crédo est "This is computer metal, spread the code", le décor typé Mad Max de la Wasteland — avec ses carcasses de métal rouillé, ses flammes et sa poussière — offrait un écrin cyberpunk parfait. Accompagné de sa guitare et de ses synthés programmés pour sonner comme des cartes mères sous stéroïdes, Vittorio a balancé son mélange unique de synthwave, de chiptune 8-bit/16-bit et de heavy metal ultra-technique. Les têtes bougeaient au rythme des processeurs poussés à bout de souffle. Les duels virtuels entre la guitare électrique bien réelle et les claviers prennent des allures de démo technique néo-classique, façon Yngwie Malmsteen qui aurait fusionné avec un Commodore 64 ! L'esthétique de la Wasteland colle parfaitement aux visuels rétro-futuristes projetés en arrière-plan. Le set de 45 minutes est passé à la vitesse d'un processeur haut de gamme, s'achevant sous les applaudissements d'un public conquis par ce groupe radicalement différent, prouvant que le Wacken sait aussi s'ouvrir aux ovnis électroniques.
On enchaîne à la Bullhead avec NIGHT DEMON qui fête le dixième anniversaire de son album “Curse of the Damned”. On avait croisé Jarvis Leatherhead en VIP quelques heures auparavant, avec sa compagne. Très sympas et accessibles, et détendus avant le show. Mais une fois sur scène, ça va dérouler ! En plus, ils ont eu la chance de jouer pendant une éclaircie. L'énergie était brute, portée par un power trio ultra-soudé. Pas besoin d'écrans géants ou d'effets pyrotechniques grandiloquents : le groupe a tout misé sur l'efficacité des riffs acérés et le headbanging frénétique, déroulant les classiques de “Curse of the Damned” à un rythme effréné. L'ouverture sur "Screams in the Night" a immédiatement posé les bases. S’ensuit un enchaînement d’hymnes comme le morceau-titre "Curse of the Damned", le très sombre "Satan", et la cavalcade rythmique de "Full Speed Ahead", "The Howling Man" et "Heavy Metal Heat", repris en chœur par un public de connaisseurs… Le show s'est refermé sur les incontournables "Killer" et "Save Me Now", achevant un set de trois quarts d'heure exécuté sur les chapeaux de roues, sans aucun temps mort. C'était trop bien !
Et ça enchaîne sur W.A.S.P. à la Harder ! La pluie revient mais ce n’est pas leur faute :) Et le concert était bon. Eux aussi ont un album à célébrer : Blackie Lawless et sa bande ont en effet débarqué en Allemagne en pleine tournée mondiale "Album ONE Alive", venue célébrer (avec un peu de retard dû aux reports) les 40 ans de leur premier album mythique éponyme de 1984, en en jouant l’intégralité (plus deux titres de “The Headless Children” et de “The Last Command”. Les mauvaises langues (moi le premier) diraient que 1h15 de temps de jeu, c'est un peu long pour Blackie. Mais ils vont les tenir intégralement. Je dois dire que W.A.S.P. m’a souvent déçu en live. J'ai vu d’excellents concerts du groupe, mais encore plus de mauvais. Mais pas cette fois. Le noiraud sans loi, entouré des fidèles Doug Blair (guitare solo) et Mike Duda (basse), et appuyé par la frappe pachydermique du Brésilien Aquiles Priester derrière les fûts, ont livré une prestation d'une intensité rare. À 69 ans, Blackie a affiché une grande forme vocale, inattendue au vu des prestations récentes. Certains qui sont moins âgés que lui (n’est-ce pas Axl ?) feraient bien d’en prendre de la graine ! Le show a démarré pied au plancher avec l'hymne ultime "I Wanna Be Somebody", mettant immédiatement le feu aux poudres, suivi des brûlots "L.O.V.E. Machine" et l'enchaînement de "The Flame" et "B.A.D." ont rappelé à quel point les refrains de W.A.S.P. possèdent une efficacité intemporelle. Le concert a pris une tournure presque mystique sous la pluie lors de l'exécution magistrale de "Sleeping (In The Fire)", portée par les solos impeccables et gorgés de feeling de Doug Blair (depuis une quinzaine d’années je trouve que W.A.S.P. surnage surtout grâce au talent de ce guitariste). Après les cavalcades de "Hellion" et "On Your Knees", le quatuor a achevé les survivants de la boue avec la double lame réglementaire : le dantesque "Wild Child" et le festif "Blind in Texas". À titre personnel, j'aurais bien aimé un ou deux titres de “The Crimson Idol” dont je suis ultra fan. Mais ce concert était vraiment excellent, et clairement l’un des meilleurs que j’ai pu voir de la bande à Blackie. En plus, chose rare : même lui affichait un plaisir à être là !
La pluie s’intensifiant et n'étant pas particulièrement fan du groupe, nous ne regarderons WITHIN TEMPTATION que de loin. Mais à distance, l’ampleur du show saute aux yeux. Le visuel est tout simplement grandiose avec des pyros et un lightshow de fous furieux. Le son est énorme, le groupe carré, Sharon den Adel a une voix cristalline et ne fait absolument pas ses 51 ans. Le groupe balaie bien dans sa discographie et le rappel est terrible avec “Shed my skin” chanté en duo entre Sharon et Christoph Wieczorek du groupe de metalcore allemand Annisokay suivi des hymnes intemporels du groupe que sont “Ice Queen” et “Mother Earth”. Bien sûr, nous aurions encore plus apprécié de plus près mais il pleuvait trop et il fallait surtout reprendre des forces pour le sommet absolu du festival qui arrive ensuite.
GOJIRA livre tout simplement l’un des plus beaux concerts de cette édition 2025. Comme dit plus haut, la France y est à l’honneur et c'est la première fois qu'on a un groupe placé aussi haut. Ce n’est pas la première fois que les Landais s'y produisent et la dernière, c'était déjà sur une main stage. Là, ils sont carrément tête d’affiche. Ce qui était au départ un petit groupe de metal extrême underground du sud-ouest de la France occupe maintenant, sur le plus grand festival de metal, une place identique à celle de Machine Head, Dimmu Borgir ou Guns’n’Roses, tout en faisant une meilleure prestation. Ça force le respect ! Certes, l’effet JO a été un énorme accélérateur de carrière pour le groupe. Mais les organisateurs les avaient bookés bien avant puisqu'ils avaient été annoncés d’emblée à la fin de l’édition 2024, une petite semaine après la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Paris. Ils ont eu le nez creux ! Thor, Zeus et toutes les différentes divinités de la pluie des différentes mythologies avaient également envie de les voir parce que les intempéries étaient bien au rendez-vous. Mais comme disait Kennedy, il ne faut pas se laisser abattre ! Aussi pluvieux que fût ce concert, il n’en a pas moins été extraordinaire. Clairement le groupe à joué hors-catégorie.
Gojira a déroulé un set de près de 1h30 d'une précision chirurgicale. Le groupe a lancé les hostilités avec l'enchaînement “Only Pain” et “The Axe”, posant immédiatement les bases d'un son aussi clair que massif. Évidemment, “Backbone” et l'inévitable “Flying Whales” ont déclenché des scènes de liesse boueuses assez surréalistes dans le pit, suivis par l'implacable “Silvera”.
Mais le moment fort à été “Mea Culpa (ah ça ira!)” avec la venue de Marina Viotti sur scène. C'est la seule date de la tournée où elle apparaît, sa voix étant habituellement sur bandes. Ça fait partie des petits plus auxquels on a droit à ce festival. Là, clairement, la cantatrice en impose dans sa grande robe rouge au milieu des pyros et avec sa superbe voix. Sa performance lyrique ultra-puissante, superposée aux riffs pachydermiques de Joe Duplantier et à la double pédale de Mario, a donné une dimension complètement épique et théâtrale au morceau.
Puis, après un triptyque “The Chant”, “Amazonia” et “L'enfant sauvage”, les Français ont achevé les survivants avec l'émotion brute de “The Gift of Guilt”.
Encore plus marquant que la setlist : la scénographie ! Wacken permet aux têtes d'affiche de déployer un visuel dantesque, et Gojira n'a pas lésiné sur les moyens avec des murs d'écrans projetant leurs visuels organiques et hypnotiques et une débauche de pyrotechnie lourde qui, en plus d’être magnifique, réchauffait un peu la foule transie par les averses. Un concert d’anthologie donc, et l’un des plus beaux que j'ai pu voir depuis des années ! Un tel événement valait vraiment le coup de faire des milliers de kilomètres et de braver une pluie diluvienne.
S'ensuit la cérémonie d’annonce des 35 premiers groupes de l’édition 2026, qui met bien en valeur le décor spatial et qu’embellit un magnifique spectacle de drones. De très belles annonces avec notamment Def Leppard pour la toute première fois, le dernier concert de Sepultura en Allemagne , les retours inespérés de Savatage et Nevermore, l'ultime concert de la carrière de Running Wild, les classiques mais ô combien efficaces In Flames et Powerwolf… Bref, du costaud ! Il y aura de quoi faire en 2026 pour ce qui sera la 35e édition du Wacken Open Air. La devise et le mot d’ordre : party on! Pour ceux qui n’ont pas vu Wayne’s world en VO, ça se traduit en français par mégateuf !
Par contre après ça, on a tout donné et la pluie ne s’améliorant pas, on regardera MACHINE HEAD de loin, dans une ambiance toujours énorme. Je n’aurais pas cru les zapper mais physiquement, on a nos limites. La bande à Rob Flynn est arrivée avec une dalle monumentale, balançant d'entrée de jeu leurs classiques comme “Imperium” et “Aesthetics of Hate”. Flynn a passé son temps à haranguer la foule en la félicitant de tenir le coup malgré le "mudbath" géant. Ce sera au final une bonne playlist best of d'une efficacité monumentale. Ce qui tombe bien car je n’aime pas du tout leurs albums récents, que je trouve convenus au possible. En tout cas, sur scène, Machine Head déchire toujours !
Le festival se termine finalement avec DIE KASSIERER. Une clôture volontairement absurde et chaotique, fidèle à l’humour punk allemand du groupe, mais moins marquante musicalement, pour faire dans l'euphémisme… Parce que si j’adore le punk allemand, eux, je les trouve très mauvais ! On va donc subir ça en attendant le bus pour rentrer puisque de là où on est, on entend tout parfaitement en voyant une partie de la scène. Et c'est donc sur cette note d’humour germanique à base de saucisses et de bières dans la langue des philosophes et des poètes, sous une pluie toujours battante, que s’achève cette 34e édition du Wacken Open Air !
Le Wacken Open Air 2025 restera probablement comme l’un des festivals les plus difficiles physiquement de ces dernières années. La boue, on ne se rendait pas toujours compte qu'il y en avait autant à part le dernier jour. Ce n’est qu’après le festival, en revoyant les images, qu'on s'est aperçus à quel point le terrain a pu être dévasté. Mais le plus dur était vraiment la pluie constante. Avec une longue expérience de festivaliers, on a pu voir un peu toutes les conditions. Parfois c'est les intempéries pré-festival qui rendent le terrain impraticable. Souvent ce sont de fortes averses voire des orages, mais qui ne durent pas plus de quelques heures. Là, ça a été quelques heures d'éclaircies au milieu de pluie en continu. Par toujours avec la même intensité. C'était parfois tout à fait supportable, parfois c'étaient des trombes d’eau, mais ça ne s’arrêtait pas vraiment. On dit de la Bretagne qu'il y fait beau plusieurs fois par jour. Ça n’a même pas été le cas dans le Schleswig-Holstein cette année. Notre tente était même tellement trempée qu’avec l’eau qui était encore dedans, ça a dépassé le poids maximal du bagage en soute à l’aéroport et que Lufthansa nous a facturé le surpoids 50€ !
Malgré tout, c'était bon ! On a vraiment aimé cette édition. Plus, même, que celle de 2024 où il avait pourtant fait beau tout le long. Parce que l’affiche était meilleure et l’ambiance générale aussi.
Les festivaliers ont géré en s’adaptant à la pluie et à la boue, en gardant la bonne humeur et en réduisant parfois leurs ambitions pour ne pas se faire épuiser par le site. Celui-ci est déjà immense, donc quand c'est boueux les distances sont multipliées par deux. Ainsi, nous ne nous sommes quasiment pas rendus à la Louder, trop excentrée par rapport au reste, alors que pas mal de groupes qui y étaient programmés nous intéressaient. Mais on a vraiment aimé les concerts qu'on a vus. Si au sol c'était difficile, sur scène c'était toujours top. À part les Guns’n'Roses, il n’y a eu aucune déception, quelques belles découvertes comme Mystopera, Istapp ou Iotunn, et les gros groupes (hors Guns, donc) ont tenu toutes les promesses avec les concerts d’anthologie de Gojira et de Saltatio Mortis en particulier. La météo n’a pas empêché des scénographies extraordinaires et un son au top. On aurait sûrement vu plus de groupes avec un temps plus clément mais on a bien profité de ce qu'on a pu voir (une trentaine de groupes quand-même).
Car au-delà des concerts, Wacken reste cette étrange communauté où des milliers de personnes venues du monde entier acceptent volontairement de souffrir ensemble pour vivre quelques jours entièrement consacrés au metal. Il est certain que les gens qui voient les images de boue et de pluie ont du mal à comprendre (et d’ailleurs, alors que c'est d’habitude complet entre 48h et un mois et demi, il reste encore des places pour l’édition 2026 à l’heure où nous écrivons ces lignes). Il y règne vraiment un esprit particulier qui ne s’est pas perdu au fil des années, malgré l’évolution des structures et du gigantisme.
On attend donc l’édition 2026 avec impatience. Rain or shine et surtout : party on !!!
Alexis, Pierre, Estelle, Ameline, Mikael
Communiqué d'avant festival - Wacken vise les étoiles avec le Space Camp - Fusées, rovers, satellites… et heavy metal ! Le Wacken Open Air s’apprête à explorer de nouveaux horizons du 27 juillet au 2 août 2025, en accueillant un Space Camp unique en son genre.
Le grand festival du nord de l'Allemagne s’associe à des figures majeures de l’aérospatiale allemande pour offrir une plongée immersive dans l’univers de l’exploration spatiale.
Quand le metal rencontre les étoiles
Cette initiative réunira des partenaires tels que ArianeGroup, la Société Astronomique Allemande (avec notamment le Max-Planck-Institut für Radioastronomie), le Haus der Astronomie de Heidelberg, l'Université de Potsdam, le BDLI, la DGLR, Fraunhofer AVIATION & SPACE, HyImpulse, OHB, NEUROSPACE, HPS et POLARIS Spaceplanes.
Le public pourra découvrir de spectaculaires pièces grandeur nature, comme une réplique de la fusée Ariane 6, une fusée suborbitale signée HyImpulse, un « ballon lunaire » développé par OHB, ou encore le prototype de l’avion spatial MIRA 1. Le rover lunaire HiveR, un modèle du satellite d’observation terrestre ERNST ou la voile de désorbitation ADEO complèteront une exposition qui s’annonce aussi technique que fascinante.
Des astronautes à Wacken
Le Space Camp accueillera également deux astronautes allemands connus : Alexander Gerst et Rabea Rogge, première femme allemande à se rendre dans l’espace. Ils participeront au festival respectivement les 30 juillet et 1er août, pour échanger avec le public sur leur expérience hors du commun.
Le Space Camp proposera aussi des activités participatives. Les visiteurs pourront piloter un rover lunaire, tester des jeux sur l’observation de la Terre ou encore lancer des fusées à eau conçues par des étudiants de l’Université Technique de Berlin. À l’intérieur du chapiteau des conférences, un cycle de conférences abordera des thématiques comme l’astronomie, les missions satellites ou la durabilité dans l’espace. Parmi les temps forts annoncés : « Heavy Metals in Space – How Gold Is Made » ou encore « Saving the Night – Why Darkness Matters for Humans, Nature, and Astronomy ».
Chaque jour, des sessions « Ask the Scientist » et « Ask the Industry » permettront aux festivaliers de dialoguer avec des experts. Et pour finir la journée sur une note plus légère, un Space Pub Quiz mettra les connaissances spatiales à rude épreuve dans une ambiance conviviale.

Par ailleurs, le festival annonce son running order ici : https://www.wacken.com/de/programm/running-order-musik/#/ Voici la répartition des groupes des scènes principales et annexes par jour :
MERCREDI 30 JUILLET 2025
FASTER
HEADBANGERS STAGE
groupes de la Metal Battle de 12h30 à 19h35
HEADBANGERS STAGE
HEADBANGERS STAGE
W:E:T STAGE
WACKINGER STAGE
WASTELAND STAGE
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