0
0
0
s2smodern

Vote utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

grand slam hit the ground

Alors certes les grands groupes ne meurent jamais vraiment, ça c’est entendu. Mais si leur importance se mesure au nombre de projets qui leur sont associés, alors Thin Lizzy est l’un des plus grands de tous les temps…

Ce qu’il est bien sûr déjà dans le cœur de bon nombres d’entre nous ! On dénombre actuellement pas moins de 4 groupes professionnels qui revendiquent son héritage : Le tribute officiel Thin Lizzy avec Scott Gorham, Damon Johnson et le batteur de Judas Priest. Un tribute alternatif avec Brian Downey qui reprend l’intégralité du Live & Dangerous de 1978 à la note près (mais sans imagination). Black Star Riders qui sous l’impulsion de Ricky Warwick écrit depuis 2013 un nouveau chapitre digne de l’historique Lizzy, et aujourd’hui GRAND SLAM, donc.

Pour rappel Phil Lynott fonda GRAND SLAM avec Laurence Archer (du groupe Stampede) et Mark Stanway peu de temps après avoir ordonné la dissolution de Thin Lizzy, avec comme but déclaré de sortir un disque rapidement et de faire vivre son nouveau groupe. Mais la réputation sulfureuse de drug-addict de Lynott, à la fin de sa vie, lui ferma les portes du business, et le nouveau matériel créé en 1984- 85 fut éparpillé sur un album de Gary Moore (Military Man) ou en son nom propre (le single Nineteen au son clinquant typique de cette 2ème moitié des années 80).

Quelle ne fut donc pas ma surprise ce 22 Novembre 2019 de découvrir l’ultime matériel de Phil Lynott en version entièrement finalisée, accompagné de 5 nouvelles compositions de GRAND SLAM ! Laurence Archer a réalisé un travail exemplaire de respect, et offre enfin à ces morceaux extraordinaires un son digne de leurs rangs. Les esprits chagrins qui, sur la base de démos ou d’enregistrements bootlegs, soutenaient que Phil Lynott avait perdu le mojo après Thin Lizzy, en seront maintenant pour leurs frais ! On est pris à la gorge, estomaqués même par la puissance d’écriture de Lynott, demeurée intacte (appelons qu’après un Renegade en demi-teinte, les mêmes ne donnaient pas cher de la peau de Thin Lizzy…), et par la musicalité de Laurence Archer, ce digne successeur des Gary Moore, Scott Gorham et autre John Sykes.
De fait, le matériel de GRAND SLAM s’inspire de la dernière période de Thin Lizzy, celle qui démarre avec Black Rose. Ascher, euh pardon Archer a eu l’intelligence de choisir un chanteur, qui pour une fois ne singe pas Phil Lynott : un certain Mike Dyer, au timbre de voix assez proche de Gary Moore. Voici donc 19 en version 2019, et c’est le décollage immédiat vers le paradis des génies de l’écriture rock avec cette accroche Street-gang faussement easy, qui dispose d’un riff majestueux à la faveur d’un son parfait. Military Man est une ode antimilitariste au lyrisme quasi- cinématographique, chantée avec précision par Dyer, mais sans en faire trop. Dedication (dont le riff spectaculaire résume à lui seul le génie de Phil Lynott !) voit sa puissance décuplée pour un résultat percutant et dansant au succès unanime. Sisters of Mercy et son parfum de folklore Irlandais vous mettra la larme à l’œil avec son clin d’œil à peine voilé à Emerald. Crime Rate est dans la continuité des albums solos de Phil Lynott, qui faisaient la part belle non pas aux guitares mais à la puissance pop du maître. En contrepoint de ces titres carrément historiques, Laurence Archer a concocté 5 morceaux qui parviennent à se hisser avec brio au niveau exceptionnel de l’ensemble. Gone are the Days contient une progression harmonique typique de Lizzy qui rappelle Do anything you want to. Le morceau titre Hit the Ground est parfait de panache et d’inspiration respectueuse mais sans copié/ collé aucun. Crazy, un nouveau rock classic qui va enflammer les salles, Long Road une superbe ballade acoustico- nostalgique.
Franchement, réussir à faire revivre à ce point l’esprit de Phil Lynott a quelque chose de troublant, fascinant même… A l’écoute de ce joyau on se dit que finalement il ne s’est pas passé grand-chose en musique depuis 35 ans, à part une succession de vagues orchestrées par les majors pour vendre des unités en palettes et par wagons entiers. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore Phil Lynott (je conçois que 34 ans d’absence, c’est long comme une nouvelle génération), ce disque est une aubaine qui leur fera découvrir un Hard-rock généreux, inspiré et inspirant à mille lieux des dickats sonores de notre époque parce qu’il ne triche jamais !

C’est LE cadeau de Noël inespéré de la part d’un génie de rock canonisé qui s’est subitement rappelé à notre bon souvenir, de là où il est… Forever Lynott !.


Tracklist :
1.Gone Are The Days
2.19
3.Hit The Ground
4.Military Man
5.Crazy
6.Dedication
7.Long Road
8.Sisters Of Mercy
9.Crime Rate
10.Grand Slam 



Line Up :
Laurence Archer
Mike Dyer
Dave Boyce
Benjy Reid

Label : Marshall Records
Sortie : 22/11/2019


Notes des visiteurs :

Comments:

Commentaires   

+1 #1 Phil93 02-02-2020 18:01

Grand Slam ou le rêve d'un homme brisé (divorce + absorption massive de substances illicites) qui, après la dissolution de THIN LIZZY après le concert de Nuremberg le 4 septembre 1983, se terre chez lui à Kew Road (près de Londres) dans un mutisme inquiétant. Après quelques mois de réflexion sur lui-même, Phil Lynott s'engage dans un projet intitulé Grand Slam. Convaincu que son nom "Lynott" va forcément attirer les maisons de disques pour un juteux contrat, le grand Phil, accompagné de Laurence Archer (ex-Stampede) à la guitare, Mark Stanway (débauché de chez Magnum), Doish Nagle à la guitare et Robbie Brennan à la batterie, tourne de façon intensive au Royaume Uni et en Irlande. Jouissant malheureusement d'une réputation de 'drug addict', les contrats de maisons de disques pour enregistrer un album studio ne sont donc pas légion. Pas fiable pour ce ténor de la musique britannique qui se voit ainsi abandonné par ceux qui l'ont soutenu durant ses années lizziennes. L'échec de Grand Slam va considérablement affecter le grand Phil et le mener vers une irrémédiable déchéance qui s'en ira vers d'autres cieux le 4 janvier 1986 comme chacun sait.

Grand Slam était donc tombé dans l'oubli quand Laurence Archer décide de reformer en 2016 le groupe qui comprend alors le line up ci-dessous. De façon intensive, le combo écume les petites salles au Royaume Uni se taillant ainsi une solide réputation live.

THE BAND
Mark Stanway – Keyboards
(Magnum – Phil Lynott Solo Band – Original Grand Slam and many more)

Laurence Archer – Guitar
(Stampede – UFO – Original Grand Slam)

Neil Murray - Bass Guitar
(Whitesnake – Black Sabbath – Queen – Snakecharmer, to name a few)

Micky Barker – Drums
(Ex Magnum – Steve Gibbons Band – Molly Hatchet - Gwyn Ashton and more)

Stefan Berggren – Vocals/guitar
(M3 Classic Whitesnake – Lee Kerslake – Don Airey band and more)

Et puis en 2018, la nouvelle tombe. Doté d'un nouveau line up comprenant un tout nouveau chanteur, Mike Dyer accompagné de Mark Stanway, Laurence Archer, Dave Boyce, Mike Dyer et Benji Reid, tout ce p'tit monde sauf Mark Stanway, prend le chemin des studios pour enfin enregistrer l'album que bon nombre de Lizzy addicts attendaient depuis 34 ans. Le 22 novembre dernier, l'opus sort enfin. Et moi, je le découvre hier. Quelle claque absolue !!!!!!! Mon ami Twenty du BSF m'avait prévenu.

Ce qui frappe dès le premier titre, Gone Are The Days, un morceau très lizzien dans l'âme, c'est la production surpuissante de Matt Terry. Normal quand on a côtoyé le grand Phil et sans vouloir faire de jeu de mot déplacé, on finit par s'injecter du Lizzy sound, l'ombre du leader de Thin Lizzy étant bel et bien présente. Et cela, l'Archer a plus d'une flèche dans son carquois pour respecter ce lourd héritage. Et puis, il y a ce vocaliste ô combien talentueux, Mike Dyer qui est doté d'un timbre assez proche du sieur Lynott. Ce que l'on entend ensuite n'est pas foncièrement du neuf puisque du temps de Lynott, ces titres comme Nineteen ou même Sisters Of Mercy (figurant un peu plus loin sur l'album) étaient déjà interprétés live en 1984.

Uniquement sorti en 85 sur un maxi single, Nineteen bénéficie quant à lui d'une véritable cure de jouvence. "Toutes guitares en avant" et riffs acérés semblent être le cri de ralliement de notre quatuor et cela se sent également sur le single hyper accrocheur du morceau-titre. Un single qui, une fois terminé, on a immanquablement envie de le remettre. C'est rare chez moi de procéder de la sorte mais quand cela arrive, il n'y a pas de mal à se faire plaisir. Les lyrics lorgnent vers des questions d'actualité liées à l'environnement. Mark Stanway que l'on évoquait précédémment s'invite sur la version rajeunie, saccadée (entêtante ?) et percutante de Military Man à tel point que l'on est peut-être en droit de penser que l'Anglais de Sutton Coldfield rejoindra en cours de route le navire "Grand Chelem". On aimerait y croire.

Ensuite, le percutant Crazy ne nous permet pas de faire une quelconque pause du moins dans l'immédiat. Dedication, déjà présent sur la compilation lizzienne du même nom sortie en 1991, était déjà un excellent titre mais là, encore une fois, il se veut bonifié encore une fois par la superbe production réalisée par l'ami Mike.

Mitonnée aux petits oignons, la tendre ballade Long Road vient interrompre de fort belle façon, la longue série de morceaux bien hard. Un titre émouvant qui, cependant, ne révolutionnera pas le cercle très fermé des plus zolies........ballades comme Still In Love With You de Lizzy. Je connaissais bien Sisters Of Mercy, ayant eu l'opportunité d'entendre de nombreuses versions live avec l'ami Phil. Un morceau qui tantôt se veut tendre tantôt dévie sur quelque chose de plus énervé façon "Emerald". Laurence nous gratifie d'un solo final de toute beauté. On peut aisément y déceler une émotion palpable notamment dans le phrasé de Dyer. Phil aurait certainement été fier de sa prestation, j'en suis sûr. Crime Rate ? On la connaissait aussi. Réactualisée, elle passe très bien le "test of time". Grand Slam lui, est un instrumental bien heavy avec ô surprise un solo...........hispanisant à la Mexican Blood. Superbe conclusion pour un album que l'on n'attendait plus qui comprend également pour certaines éditions trois versions acoustiques de Sisters Of Mercy (déconcertante), Crime Rate et Long Road. Assurément, il s'agit d'un retour gagnant. Laurence Archer serait-il aujourd'hui devenu le Robin des Bois du Hard Rock à force de décocher des flèches en plein dans le mille ?

You have no rights to post comments

GRAND SLAM - Hit The Ground - 4.7 out of 5 based on 6 votes

Connexion

On Line :

Nous avons 436 invités et aucun membre en ligne

Dernières Chroniques

Dernières chroniques (suite)

FB RockMeeting

Commentaires

  • KHYMERA - Master Of Illusions - La chronique

    MetalDen
    En effet très bonne production ...

    Lire la suite...

     
  • KATATONIA - City Burials - La chronique

    MetalDen
    arf ! Behind The Blood, quel ...

    Lire la suite...

     
  • HAREM SCAREM - Change The World - La Chronique

    Claude Blais
    D'accord avec Fab: un excellent ...

    Lire la suite...

     
  • HAREM SCAREM - Change The World - La Chronique

    MetalDen
    Beaucoup aimé aussi cet opus, pas ...

    Lire la suite...

     
  • ONE DESIRE - Midnight Empire - La chronique

    MetalDen
    Bienvenue Walt dans l'équipe ...

    Lire la suite...

Twitter RockMeeting

Articles Les Plus Lus

Articles les plus lus sur les 12 derniers mois(suite)