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La pluie, les températures parfois inférieures à 10°C la nuit en plein été, et cette délicieuse gadoue aux doux effluves de pisse, de bière et de bouse de vache...

Freue dich, du bist in Wacken (réjouis-toi, tu es à Wacken) comme ils disent sur les panneaux de bienvenue ! On en fait des kilomètres, et on en dépense des sous, pour passer cinq jours dans ce trou paumé du nord de l'Allemagne dans lesdites conditions. Et le pire c'est qu'on aime ça ! Des fois on se dit qu'on est un peu cons quand même. En même temps on est metalleux...  Pour ma part, c'est la onzième fois que je m'y rends et quand même, la plupart du temps, les conditions météo avaient été plutôt bonnes. Même les fois où il pleuvait, c'était raisonnable. Sauf les dernières années où j'y ai été, en 2012 et l'année dernière, où là c'était cataclysmique. J'avais cependant adoré ces deux éditions pour l'ambiance et surtout, chose qu'on ne pourra jamais enlever au festival, la qualité des concerts. Et puis ces moments épiques laissent aussi de bons souvenirs, finalement, et on en rigole bien une fois qu'on a nettoyé les affaires et qu'on a récupéré physiquement. Mais c'est bien aussi quand ça ne se reproduit pas trop souvent ! Un festival avec un sol praticable et du beau temps, ou encore mieux avec un ciel voilé qui évite que le soleil cogne trop (car à Wacken, quand il fait beau, ce n'est pas à moitié non plus même si ça ne dure pas très longtemps), c'est quand même bien agréable. Cette année, sans être extrême comme en 2015, ce sera désagréable à souhait avec de la boue moins horrible, en couches moins épaisses (pas plus de dix centimètres d'épaisseur, quoi !), avec même certains endroits préservés... mais c'était quand même bien pénible ! En fait, il ne pleuvait qu'une fois par jour et assez fortement. Donc on n'était pas bloqués dans les tentes ou sous des abris de fortune, mais le sol ne séchait jamais vraiment.
Autre point qui vaut bien une grosse tête d'affiche et qui peut être encore plus pénible que le mauvais temps et la gadoue : le fait d'arriver ou non avec toutes ses affaires ! Quand on vient en avion et que les bagagistes font n'importe quoi, ce n'est pas un détail et ça va me pourrir le début du festival.
Heureusement, il y avait un autre point qui valait aussi une tête d'affiche et qui a rattrapé toutes les galères : de vrais potes avec qui on s'éclate et sur qui on peut vraiment compter.
Et sinon, l'affiche en elle-même était de très bonne qualité avec Iron Maiden, Blind Guardian, Twisted Sister, Saxon, Testament, Whitesnake, Blue Öyster Cult... pas révolutionnaire en soi mais du solide !
Tout ça va faire un bon festival ! Pas le meilleur que j'ai fait de ma vie, loin s'en faut, mais les bons moments vont largement équilibrer les galères.


Départ donc le mercredi en milieu de matinée pour l'aéroport de Toulouse-Blagnac, bien chargés comme il se doit pour cinq jours de folie wackenienne. Jusqu'ici, tout va bien, d'autant que les prévisions météo sont favorables, comme on peut d'ailleurs le voir sur les photos que des potes arrivés la veille ont postées sur Facebook. On n'a pas trop à poireauter, d'autant que les contrôles renforcés à la police des frontières au moment de monter dans l'avion occupent bien le temps d'attente. Etat d'urgence, terrorisme, sacro-sainte sécurité, tout ça tout ça... j'aimerais quand même qu'on m'explique l'utilité de ce énième contrôle d'identité dans la mesure où les pièces d'identité ont déjà été contrôlées au guichet et les bagages à main et objets dans les poches consciencieusement fouillés.
Comme le vol se fait avec la compagnie Brussels Airlines, la correspondance se fait à Bruxelles. Le vol comme l'escale se déroulent sans histoires.
A l'arrivée à Hambourg, nous retrouvons Alex et Noll, partis avec Air France et donc avec escale à Roissy pour Alex. Premier constat en tout cas : l'aéroport de Fuhlsbüttel qui était le Full Metal Airport l'année dernière n'est plus du tout aux couleurs de Wacken. C'est juste un aéroport ordinaire (même si toujours très agréable) dans lequel débarquent plein de metalleux (ce qui reste à noter). On peut supposer que, l'Allemagne ayant été la cible de plusieurs attentats terroristes en juillet, des consignes de sécurité ont dû être données pour en faire le moins possible. Tout comme il a été donné consigne aux organisateurs de festivals allemands (donc pas seulement Wacken) par le ministère de l'Intérieur d'interdire les sacs à dos dans leurs enceintes : seules les bananes étaient autorisées (mais j'en ai trouvé une chez Décathlon presque aussi grosse qu'un sac à dos dans laquelle j'ai pu mettre quasiment tout mon barda !) et le festival s'est d'ailleurs retrouvé tout con avec les Full Metal Bags que les festivaliers ne pouvaient pas prendre dans l'enceinte. Je suis personnellement assez dubitatif quant à l'utilité de ces mesures d'interdiction au nom de la sécurité, mais ainsi va le monde actuel...

Par contre, je ne sais pas si c'est à cause de mesures de sécurité ou de contrôles poussés des bagages qu'il y a eu un problème, mais les bagagistes ont vraiment fait n'importe quoi, ce qui a gâché en beauté le début du festival. En bref, des bagages ont été paumés !
A l'arrivée, déjà, la livraison des bagages de Brussels Airlines a débord été retardée de dix minutes, puis n'a plus été indiquée nulle part. En allant au guichet de la compagnie, l'hôtesse (très sympa et patiente vu le nombre de gens pas toujours aimables qui allaient la voir et lui mettaient la pression) nous amène au bon tapis roulant. Je récupère le sac, mais pas la tente. Un Italien dans le même vol que nous qui allait aussi à Wacken n'a, quand à lui, retrouvé aucune affaire. L'hôtesse très sympa prend mon numéro de téléphone et promet de m'appeler dès que c'est retrouvé. Après, il y a une convention entre l'aéroport et le festival en vertu de laquelle les bagages retrouvés sont envoyés directement à Wacken
Heureusement, les potes franc-comtois que nous devions rejoindre nous offrent tous spontanément des places sous leurs tentes et des couvertures. Un grand merci à eux pour nous avoir sauvé le festival !

C'est donc un peu désabusés que nous prenons le taxi qui nous emmène de l'aéroport au festival (à 30€ par personne, soit même pas une dizaine d'euros de plus que par les transports, et déposés pas loin du check in, on aurait tort de se priver !). C'est le même chauffeur que l'année dernière et ça se passe donc très bien. Il dispose d'une bonne voiture avec un gros moteur qu'il va faire tourner à 160 km/h de moyenne et comme il n'y a eu aucun embouteillage cette année, ça nous fait arriver à Wacken en un peu plus d'une demi-heure. Il nous dépose au check-in où nous pouvons récupérer nos pass. Sauf que sans notre tente, ça fait de l'espace vide... En tout cas, on est bien accueillis, à la bière, au jägermeister et au pontarlier ! Les retrouvailles sont bien agréables et conviviales, et ça fait toujours plaisir de revenir ici malgré les tuiles. En plus vers 23h, comme promis, l'hôtesse très sympa de Brussels Airlines me rappelle en me disant que la tente a été retrouvée et qu'elle sera donc expédiée le lendemain directement à Wacken aux objets trouvés, probablement en fin de matinée.

Mais on a maintenant l'esprit un peu plus léger et il est temps d'aller voir des concerts. Car depuis l'année dernière, Wacken est devenu un festival sur quatre jours sans le dire officiellement. Le festival est annoncé du jeudi au samedi, avec possibilité d'arriver avant moyennant supplément pour le lundi et le mardi. Mais désormais, le mercredi, il y a des concerts sur toutes les scènes annexes, à savoir la Wackinger, le Biergarten, et la Wet Stage / Headbangers Stage sous le chapiteau. Essentiellement pour des petits groupes, notamment ceux du Metal Battle (le tremplin permettant à des groupes non signés de nombreux pays de jouer à Wacken), mais pas uniquement. L'année dernière, il y avait quand même eu New Model Army, Uli Jon Roth et Europe en tête d'affiche, et le concert avait donné lieu à l'enregistrement d'un DVD en bonus de la tour edition de l'album "War of kings" ! Il y a moins de noms prestigieux cette année mais Hämatom est sympa pour les amateurs de metal moderne teuton et surtout, pour les amateurs de Motörhead, il y a le Phil Campbell's band. Bref, ça fait une bonne petite warm up en perspective !

Mais en fait, nous ne sommes pas trop pressés non plus. Comme c'est le cas depuis trois ans maintenant, le camping VIP est éloigné du site et il y a une navette qui nous y emmène et nous dépose juste à l'entrée arrière de l'espace VIP. L'année dernière, du fait du terrain détrempé et impraticable, le système avait complètement dysfonctionné. Cette année, il n'y a aucun problème et en dix petites minutes, on arrive sur place. Et là, surprise : le bar VIP qui d'ordinaire n'ouvre que le jeudi est ouvert dès ce soir. Il a été très agréablement réaménagé, avec une déco toujours sympa (et légèrement inspirée de ce que peut faire le Hellfest), quelques bancs et chaises longues qui sont top, et surtout, contrairement à l'année dernière où seul le bar était en dur, tout est viabilisé avec du parquet partout. Donc c'est top confort ! Idem pour les chiottes, qui sont modernes, nettoyées régulièrement et s'allument en mode sabre laser de Star Wars suivant qu'elles soient occupées (en rouge) ou libres (en vert). Ce confort question sanitaires n'est d'ailleurs pas réservé à l'espace VIP, puisque les toilettes du site sont sur le même modèle. En VIP, on a aussi droit à une exclusivité cette année : la carte cashless ! On nous avait en effet informés dix jours avant le festival que tout se règlerait par ce biais aux bars et stands de bouffe de l'espace VIP. Les organisateurs veulent en fait tester ce système sur un nombre restreint de personnes avant de voir s'ils peuvent étendre ça à l'ensemble du festival dans les prochaines années. J'étais assez dubitatif au départ. Je n'ai fait ni le Hellfest ni le Download cette année, mais les retours que j'ai eus du système cashless dans ces deux festivals étaient assez controversés. Ici, ça a bien marché et je suis finalement assez convaincu. Parce que quand on paie, le lecteur indique le solde restant sur la carte, ce qui permet de ne pas dépenser à l'aveugle. Et aussi parce que s'il reste de l'argent dessus après le festival, on a un mois pour se le faire rembourser en suivant une procédure très simple. Et puis à un moment, ma carte a bugué et ils me l'ont changée en cinq minutes avec le même solde dessus. Dans ces conditions, il n'y a pas grand chose à redire sur le système, qui offre effectivement l'avantage de diminuer le temps d'attente : il suffit d'effleurer le lecteur et le paiement est effectué, et il n'y a pas non plus à attendre qu'on nous rende la monnaie.
Il y a aussi pas mal de choix au bar, et notamment de la Trooper (la bière Iron Maiden, pour ceux qui ne le sauraient pas encore !) en bouteille, un peu plus chère que la Beck's mais infiniment meilleure. Par contre pour manger, il y a moins de choix que les autres années, et c'est compliqué de se faire servir un burger vu le manque d'organisation qu'il a l'air d'y avoir dans les cuisines.

 
Avec tout ça, le temps de tester le bar, le PHIL CAMPBELL'S ALL STARS BAND nous passe sous le nez. D'après ouï dire, c'était sympa. On s'était pourtant levés en pensant en voir la fin, mais en arrivant sous le chapiteau (la WET Stage et la Headbangers Stage sont en effet deux scènes jumelles sous une immense tente dénommée Bull Head City Circus. Nous allons malgré tout voir ce qu'il y a à l'intérieur, la soirée n'étant pas complètement finie. Déjà un bon point : c'est toujours dallé à l'intérieur, comme l'année dernière, donc viable en toutes circonstances. Je me rappelle de certaines éditions où il avait plu dehors, que de nombreux festivaliers s'étaient réfugiés sous le chapiteau et avaient ramené leurs chaussures mouillées et boueuses... Résultat : comme il n'y avait ni vent ni soleil à l'intérieur, ça ne séchait jamais ! A l'inverse, l'année dernière, c'était le seul endroit où il y avait de la terre ferme. Cette année, ce sera donc bien et sans souci. En plus ils ont dégagé la scène de catch qui se trouvait entre les deux scènes (elle sous une petite tente à part, à l'extérieur et non loin du chapiteau), ce qui fait qu'il y a plus de place à la fois pour les spectateurs et pour les groupes. L'écran géant est également plus grand. Enfin, nous constatons également que les bières sont repassées au format 40 cl (contre 30 pour les deux dernières années) sans augmentation de prix au centilitre.
 
Et notre premier concert de ce Wacken 2016 sera finalement MAMBO KURT ! Jusque là, je ne l'avais aperçu qu'au Biergarten, sans pouvoir tenir plus de cinq minutes tellement c'est nul. Mambo Kurt, c'est un mec en costard à paillettes et grosses lunettes qui fait des reprises bidons à l'orgue Bontempi, jouées et chantées complètement faux. C'est la mascotte de Wacken, puisqu'il y est chaque année depuis que je vais à ce festival. Pourquoi ? Et surtout, qu'est-ce qu'il fait sur une grande scène ? Il faut sûrement être allemand pour comprendre...  Parce que les Allemands, ils rentrent dans le délire, applaudissant les tut-tut à un doigt sur le Bontempi que n'importe qui pourrait faire. Je suis très ouvert pour ce qui est des groupes teutons, j'ai toujours bien aimé J.B.O., j'ai même adoré Santiano l'année dernière mais Mambo Kurt, vraiment, c'est pas possible !

La fin de soirée va par contre être très festive à l'espace VIP où nous retrouvons les Franc-Comtois pour faire beaucoup de mal au stock de Trooper disponible  Nous faisons également la connaissances des mecs de Crows Crown, le groupe qui représente le Honduras au Metal Battle. Des mecs super cools, passionnés, festifs et conviviaux à souhait. Tophe, qui avait un tee-shirt du groupe de punk français les Ramoneurs de Menhirs, l'échange contre celui du batteur. Et celui-ci portera ce tee-shirt des Ramoneurs lors de leur prestation. Nous ne la verrons malheureusement pas, car ils jouent le lendemain à 11h du matin, ce qui fait un peu tôt.


Au réveil le jeudi, il fait un bon temps de festival : une alternance de gris et de ciel bleu. On se dit que la boue qu'il y avait hier sur le site devrait sécher et qu'on devrait donc faire un festival dans des conditions agréables. C'est beau de rêver ! En tout cas, ce matin, on profite du temps clément pour prendre un gros apéro petit déjeunatoire. Le jeudi matin de toute façon, en matière de live, il n'y a que des groupes du Metal Battle à voir et il n'y avait en plus aucun groupe français à aller soutenir cette année. Il y avait bien les potes honduriens de la veille, mais 11h c'est trop tôt pour se bouger ! Par contre, vers midi, je me décide à aller chercher la tente. S'ensuit une longue traversée du village, puis du site du festival, les indications qu'on nous a données étant toutes aussi contradictoires les unes que les autres. L'organisation allemande a ses limites... J'ai toujours aimé me balader dans le village de Wacken avec ses Biergärten improvisés dans les jardins des habitants et ses animations multiples. Le petit village de moins de 2000 habitants qui ne fait qu'un avec son festival, c'est un truc vraiment unique et donc je ne me lasse pas.
Ca permet aussi de faire un tour du site sans qu'il y ait trop de monde. Mais quand on y va dans un but précis et qu'on est baladé à gauche à droite parce personne n'est capable de donner le renseignement, c'est un peu pénible. Et quand, finalement, on trouve le bureau des objets trouvés où l'hôtesse m'avait dit d'aller, on apprend finalement qu'il faut revenir au village, à l'office du festival (qui fait aussi boutique de merchandising, donc noire de monde en ce premier jour) ! Et quand finalement j'arrive à distinguer l'accueil des caisses pour le merchandising, c'est pour m'entendre expliquer que l'aéroport ne livre les bagages qu'une fois par jour et qu'elles ne sont pas encore arrivées.  Donc la tente attendra le lendemain.  L'organisation à l'allemande, c'est vraiment les douze travaux d'Astérix ! Sinon, en faisant la queue, j'ai reconnu un Italien qui était dans le même vol que moi la veille et qui était aussi venu réclamer ses bagages. Pour lui, c'est encore plus ubuesque : il venait de Rome, a fait une correspondance à Bruxelles pour Hambourg et ses affaires ont été retrouvées... en Suède !


Une fois rentrés au campement, on a les jambes et le moral un peu coupés. Heureusement qu'il y en a dans notre groupe qui ont été faire des courses et qu'on peut se requinquer, notamment au Schwarzwald Teufel, un genre de jägermeister à 51% ! Comme de bien entendu, nous loupons SKYLINE, le tribute band des organisateurs qui ouvre traditionnellement le bal. Mais nous nous mettons en route quand même

 
Par forcément pour les voir eux, mais au moins le début de SAXON, que nous regardons de loin, puis de l'espace VIP. La ballade et les aller-retours forcés de la matinée pèsent sur mes jambes et sur mon moral, et les Anglais ne sont pas au top de leur forme. En plus, je leur en veux encore pour le coup d'avoir avancé leurs horaires d'une heure sans prévenir lors de leur tournée de l'automne 2014 et je n'étais donc pas disposé à faire des efforts pour eux. Je les ai de toute façons vus une quinzaine de fois, ce n'est donc pas un problème de se contenter de survoler leur prestation.
Ils ont le gros light-show et tous les moyens que Wacken peut offrir à un groupe qui joue sur une des deux grandes scènes (la True et la Black), mais Biff n'est pas en voix et le groupe semble un peu en pilotage automatique. Il est vrai aussi que jouer à 16h pour un gros groupe comme ça, ça fait bizarre. Surtout que le jeudi à Wacken, la fameuse "night to remember" est une journée particulière avec peu de groupes mais d'un certain statut. Et quand on voit les autres groupes programmés ce jour-là, c'est un peu logique que Saxon joue avant. Mais ce n'est pas vraiment un groupe pour ouvrir le bal. Du coup, la plupart des gens étaient un peu comme nous, regardant ça de loin sans vraiment participer.


 
Le premier concert que je verrai en intégrale à ce Wacken 2016 sera un très gros : FOREIGNER ! Très gros groupe, et concert énorme de la part des Américains. Pourtant je n'aime pas trop ce groupe à la base. Ils ont quelques bons hymnes, mais je n'arrive pas à en écouter un album en entier. Trop mou, trop sucré, trop sirupeux... Bref je suis pas fan ! Mais j'avais été bluffé par leur prestation au Hellfest, vue à la télé. Je me disais donc que sur place avec en prime une vingt minutes de temps de jeu de plus qu'à Clisson, ce serait une tuerie. Je n'ai pas été déçu. Ce groupe est vraiment fabuleux sur scène. Je ne connaissais que trois ou quatre tubes dans le lot mais même ceux que je n'avais jamais entendus, j'avais quand même bien l'impression de les connaître. Les musiciens sont excellents, et même le solo de saxophone est top. Ce n'est pas mon instrument préféré, mais c'est très bien fait et au moins ça change ! Mick Jones a un gros feeling à la guitare, Kelly Hansen est un super frontman et tout le monde semble se faire bien plaisir sur scène. Ce plaisir est bien entendu communicatif. Et sur "I wanna know what love is", c'est l'amour universel avec tout le public reprenant le refrain, faisant des coeurs avec les mains et des gros câlins collectifs ! Foreigner en live, c'est la grande classe !

Foreigner Setlist Wacken Open Air 2016 2016


 
Après cette magnifique prestation des Américains, un autre groupe d'hymnes à l'amour investit la Black Stage avec WHITESNAKE. Mais personne n'est motivé pour aller voir David Coverdale et sa bande. J'avais moyennement aimé au Hellfest 2013 (trop de blabla, trop de solos et un Coverdale pas en voix). Les avis unanimement négatifs sur leur prestation au Rock Fest Barcelone deux semaines avant et ce que j'ai vu sur YouTube n'ont fait que confirmer cette impression de déclin irréversible. Les monuments en péril, ce n'est pas la peine d'assister à l'achèvement de leur décrépitude donc on zappe ! Mieux vaut reprendre des forces avec un burger (long à servir mais au top) et une bonne bière.  D'après quelques personnes qui y ont été, cependant, Coverdale était en forme et il y avait une belle ambiance dans le public. Tant pis !


 
Il fallait surtout se préparer pour la tête d'affiche avec IRON MAIDEN ! Il faut être en forme car ils jouent deux heures et surtout, c'est la plus grosse affluence du festival. Même s'ils n'ont été annoncés qu'en septembre dernier alors que le festival avait affiché complet en 48h, tout le monde savait qu'ils seraient là et l'hypothèse (rapidement confirmée) de leur présence a en partie justifié le sold out éclair. En plus les Anglais nous font l'honneur de jouer la soixante-douzième et dernière date de leur tournée "The Book of Souls", leur dernier album en date qui s'est avéré être de très bonne facture. C'est sur l'intro de cet album, et avec l'arrivée de la pluie, que le groupe débarque, lançant les hostilités sur le très bon "If eternity should fail" et le non moins bon "Speed of light", avec un Bruce Dickinson en grande forme physique... à défaut de forme vocale. Et en fait j'ai un avis assez contrasté sur ce concert. 
Les bons points d'abord ! Bah d'abord, c'est un concert de Maiden donc ça ne peut pas être foncièrement mauvais. Ca veut donc dire un gros décorum, un light show énorme (agrémenté par le crâne de vache de Wacken qui s'enflamme) et des zicos qui se donnent à fond. En particulier Bruce Dickinson, bien sûr. Oui, sa tenue ne ressemble à rien, il est ridicule avec son singe en peluche et ses bananes sur "Death or glory" et "Tears of a clown", mais il a le mérite de faire quelque chose et d'assurer. Son changement de tenue à quasiment chaque chanson alors que le groupe enchaîne bien, il faut quand même le faire. Les autres membres du groupe ne sont pas en reste, ils bougent bien, ils occupent bien l'espace. Les esprits mesquins diront bien sûr que c'est la seule fonction utile de Jannick Gers. Et Eddie est là aussi : un Eddie simiesque de quatre mètres de haut, armé d'une hache de pierre, qui envoie des bras d'honneur au public, se gratte les cojones et essaie de massacrer Jannick 32 à la hache avant de se faire arracher le cœur par Bruce. L'autre bon point de ce concert de Maiden est la setlist. Déjà, ils ont viré "Number of the Beast", "Run to the Hills", "Heaven can wait", "Wrathchild" et "Running free" ! Ils auraient mis "The trooper" dans la charette en prime et c'était parfait.  Et puis enchaîner "Hallowed be thy name" (à jamais ma chanson préférée de la Vierge de Fer) et "Fear of the dark" (que, contrairement à beaucoup, je prends toujours énormément de plaisir à écouter), c'est beau aussi. Ils ont exhumé avec bonheur "Children of the damned". Les nouveaux titres passent tous plutôt bien (un bémol quand même pour "Tears of a clown", que je trouve assez nian-nian) et les classiques, bah c'est les classiques ! Le rappel est excellent avec un "Blood brothers" plein d'amour et de câlins collectifs après un discours de Bruce un peu démago sur la paix, la tolérance et l'unité au moins dans la grande famille du metal. Et surtout un superbe "Wasted years" comme morceau final !
Maintenant, les mauvais points ! En effet, tout n'a pas été parfait dans ce concert. Pour ce qui est de la pluie, bien sûr, le groupe n'y est pour rien et le festival non plus mais ça gâche une partie du plaisir. Du reste, ça n'est pas une pluie violente et ça ne tombait que par intermittences. Sauf que le terrain était déjà bien mouillé de la veille, où une grosse averse était tombée dans la journée avant notre arrivée. Un nouvel épisode de pluie ajouté à la plus grosse affluence du festival pour piétiner le sol, ça va donner lieu à une gadoue bien pénible qui ne sèchera jamais. Bon ça c'est pour les conditions, c'est extérieur au groupe et à la limite, quand un groupe fait une grosse prestation, ça peut passer en second plan sans vraiment gâcher le plaisir. Mais si Maiden a été bon, ils ne l'ont pas été assez pour éclipser tous les problèmes. Un autre problème plus rédhibitoire venait en effet du son. Pourtant en général, c'est le point fort de Wacken. Pas cette fois, alors que c'est la tête d'affiche. Les basses étaient sursaturées, et le micro mal réglé. Mais était-ce vraiment le micro, finalement ? Parce que vocalement, Bruce était complètement aux fraises. Et si j'étais machiavélique, je supputerais même qu'ils auraient pu faire exprès de mal régler le micro pour qu'on mette ses carences vocales actuelles sur le compte de la technique. Bref, il a du mal ! A 58 ans, il a certes de beaux restes, surtout quand on sait qu'il a eu un cancer de la langue. Mais pour monter dans les aigus ou pour durer deux heures, il fait parfois de la peine. Et puis il parle trop ! Le discours de remerciement final pendant lequel tous les membres de Maiden s'auto-congratulaient et se souhaitant mutuellement un bon anniversaire (Bruce Dickinson comme Nicko McBrain fêtant leurs anniversaires respectifs dans les jours qui suivaient), c'était pénible et inutile. Ils auraient pu jouer un ou deux morceaux en plus à la place. Si Bruce a besoin de reposer ses cordes vocales, un "Transylvania" ira très bien, plutôt qu'un speech à la con. Et puis je dirais que c'était finalement un concert de Maiden ordinaire. Quand un groupe joue à Wacken, en principe, il y a toujours un petit plus, du style une prestation plus longue, des guests, une configuration particulière... C'est quand même pas uniquement pour patauger dans la boue qu'on fait autant de kilomètres et qu'on dépense autant de fric. Mais pour Maiden, nada ! A part si l'on considère que le crâne de vache qui s'enflamme est un petit plus particulier... Pour moi ça fait un peu léger.
En fait Iron Maiden a joué la même prestation que sur le reste de la tournée. Ni plus ni moins. Quelque part je ne peux pas m'en plaindre vu que je n'en avais encore vu aucune. Mais je pense qu'à d'autres dates, Bruce Dickinson devait avoir une meilleure voix et que le son était sûrement meilleur.
Ce concert était donc un bon concert d'Iron Maiden, mais ça s'arrête là. J'ai passé un bon moment, je n'ai pas regardé ma montre pendant la prestation et en prime j'étais bien entouré. Mais ce n'était pas un concert d'anthologie. J'ai clairement vu des concerts de Maiden bien meilleurs que celui-là, et aussi des têtes d'affiches de festival bien meilleures.

Iron Maiden Setlist Wacken Open Air 2016 2016, The Book of Souls World Tour


S'ensuit sur la Black Stage un hommage d'un quart d'heure à Lemmy Kilmister sur lequel on ne s'attarde pas. Je ne sais pas vraiment ce que ça a donné. C'était probablement plus simple que le feu d'artifice dantesque du Hellfest deux mois plus auparavant mais je ne saurais dire ce que ça a donné exactement... Lemmy, c'est la perte d'un personnage cultissime, d'un monument du metal et du rock en général. Et en plus Motörhead avait une histoire particulière avec Wacken, où ils jouaient tous les deux ans et dont les organisateurs étaient également les managers. Sauf que je n'en étais pas un fan ultime...
 
Là, le but était de sortir de l'enceinte histoire d'aller au Bullhead City Circus voir BLUE ÖYSTER CULT, qui se produisait sur la Wet Stage ! Ce qui a mis un peu de temps car Iron Maiden a rassemblé énormément de monde. Et bien sûr tous sortent en même temps, le tout sur un sol détrempé ! Ce sera la seule fois du festival où nous aurons des difficultés pour circuler. On prend quand même un remontant au passage, histoire de laisser filer les gens, et direction le chapiteau où nous nous frayons un chemin sans trop de difficultés. Le BÖC avait commencé et nous arrivons à la fin de la première chanson. Nous avons donc loupé leur intro sur le générique de Game Of Thrones. D'après ce qu'on m'a dit, du cafouillage a eu lieu au moment de la première chanson avant que le groupe ne finisse par être bien en place. En tout cas, en entrant sous le chapiteau, tout était parfaitement carré et soudé. En prime, nous tombons sur un certain nombre de potes, histoire d'agrémenter ce concert, qui va s'avérer excellent. En fait je ne suis pas un grand spécialiste de ce groupe. Ca ne fait pas très longtemps que je m'y suis vraiment mis. J'ai toujours trouvé leur hard rock 70's de qualité mais assez hermétique. J'ai fini par avoir le déclic en écoutant "Secret treaties" il y a quelques mois et depuis, ça passe tout seul. Il me tardait donc de les voir en live. D'autant que c'est un groupe aux apparitions assez rares, qui fait peu de vraies tournées et ne fait la plupart du temps que des dates ponctuelles. Et c'est de la qualité ! Eric Bloom et Buck Dharma se partagent bien la scène et ont un feeling énorme à la guitare. Ils sont bien aidés par un son excellent. Question imagerie, c'est assez simple et sans fioriture (ce qui tranche radicalement par rapport à Maiden juste avant). Il n'y a aucun blabla non plus, ça enchaîne et ça joue grave. Ces mecs sont en fin de soixantaine, voire plus, mais ils ont toujours la forme olympique. Niveau choix des morceaux, on va chercher dans les tubes tels que la très entraînante "Burnin' for you", "Godzilla" et bien sûr "(Don't fear) The Reaper" (et comment ne pas penser à Ghost quand on écoute cette chanson ?). A cela s'ajoute le plaisir non négligeable d'être au chaud et au sec, sur un sol en dur, ce qui fait disparaître la fatigue et les chutes de moral liées à toutes les tuiles des deux derniers jours. Bref, un super concert, que j'ai bien préféré à celui de Maiden !
Blue Öyster Cult Setlist Wacken Open Air 2016 2016, 2016 European Tour


Après ça, ce sera un tour à la Wackinger, juste pour faire un tour dans cet espace médiéval bien sympa et manger un peu. Puis retour à l'espace VIP pour une soirée qui sera à peine moins arrosée que la veille.
Pas beaucoup de concerts vus, mais avec un Maiden correct, et des Foreigner et Blue Öyster Cult topissimes, il y a de quoi être satisfait de cette journée du jeudi !
 
Pierre


 

 

 

 

 

 




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    aorgod
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  • GIOELI - CASTRONOVO - Set The World On Fire

    Seb.Roxx
    Bien sûr que c'est du tout bon ...

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