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RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015 Vénérable trublion musical au parcours pluridisciplinaire, Ramon Pipin,

que ses intimes se plaisent encore à appeler Alain Ranval, sait faire rimer le verbe avec impertinence et brio. Les titres de cet auteur-compositeur-interprète surprennent autant par la qualité des mélodies que par leurs textes ciselés où jeux de mots s'enchaînent à l'envi, comme autant de bulles provocantes venant éclater aux oreilles du public.
Co-fondateur de deux groupes mythiques, Au bonheur des dames puis Odeurs, aux compositions décalées et décapantes, Ramon Pipin compte à son actif aujourd'hui une vingtaine d'albums (en groupe ou en solo) et des centaines de concerts, dont un passage de onze jours à l'Olympia. Fondateur du célèbre studio d'enregistrement Ramsès à Paris, cet artiste polymorphe a également composé plusieurs dizaines de musiques de films et des centaines de publicités.
Il revient sur scène cet automne au Café de la Danse (renseignements ICI) de Paris pour trois dates exceptionnelles, les 18 et 25 octobre ainsi que le 9 novembre 2015...

 
 
 
Ramon Pipin de retour sur scène, tes fans en rêvaient. Donc tes adieux au public en 2012, c'était pour rire ?
En fait non, j’ai vraiment cru que c’était la dernière fois. Et puis à force de continuer à écrire des chansons, d’observer, de tourner en rond, j’ai préféré faillir à ma parole.
 
 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015

A quoi ressemble le style musical de Ramon Pipin version 2015 ?
J’essaie de lutter contre la pauvreté musicale environnante. Certains me trouveront d’une fatuité rare mais je suis souvent atterré par ce que j’entends, surtout en France malheureusement. Je n’y peux rien : les extases des Inrocks qui découvrent un génie musical chaque semaine me laissent pantois. Je suis peut-être un vieux con mais les génies musicaux, nous les avons connus lorsque tout était à défricher.
Qui aujourd’hui à la puissance créative de Brian Wilson, Jimi Hendrix, Zappa, Andy Partridge, Todd Rundgren etc ? Même si j’adore des tas de groupes d’aujourd’hui et que je suis un fureteur obsessionnel de musique, je me dis souvent que nous ne retrouverons pas le choc que ces créations ont suscité.
Pour ma part, j’essaie de faire des chansons marrantes, en soignant les arrangements et les harmonies, voilà, c’est tout.
 
 

 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015

Avant de revenir plus en détail sur tes concerts à venir, un petit retour sur ta prolifique carrière s'impose. Tu as tâté du Rock progressif à tes débuts...
Oui et non. Mon premier groupe jouait mes propres compositions. Rock progressif ? Pas vraiment, juste des chansons originales. Le seul groupe qualifié de “prog” que je vénère est Gentle Giant.
 
 
 
Le grand public te découvre avec Au Bonheur des Dames, un groupe que tu as co-fondé en 1972 et dont le titre «Oh les filles» vous apporte la consécration l'année suivante.
L’année suivante suivante même ! Nous avons atteint les sommets des charts en 74. Rappelons pour la petite histoire que je ne voulais pas enregistrer cette chanson débile. Ce qui prouve ma grande clairvoyance…
 

 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015

Deux ans plus tard, tu quittes le groupe pour fonder les Studios Ramsès. Une envie de liberté ?
Plutôt des querelles d’ego et créatives. La stupide maison de disques nous mettait la pression pour refaire un “Oh les filles” - ce qui a même été tenté avec le désolant “Chérie, oh chérie”, face B du single “Sag Warum”. Malgré nos importants chiffres de vente, ils avaient même refusé de financer les frais pour assurer la première partie de la tournée européenne de Sparks, ces crétins ! Par ailleurs, j’avais fait le tour et le côté “rétro” de la musique du groupe ne me satisfaisait pas.
 
 
Un studio où viennent enregistrer des artistes majeurs de la scène musicale. On pense notamment à Renaud, Michel Jonasz, Didier Lockwood, Serge Gainsbourg... Ainsi qu'à un guitariste que tu admirais à l'adolescence, John McLaughlin...
Oui, l’ambiance était très conviviale car aucun studio n’était dirigé par un musicien. J’ai connu John par l’intermédiaire d’Antoine de Caunes et nous avons sympathisé. Il m’a fait l’honneur de jouer bénévolement sur mon premier album solo et je l’ai sollicité plus tard pour un autre projet. Il a répondu présent. C’est un grand bonhomme.
 

 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015

La scène te manquait lorsque tu prends la décision de fonder Odeurs en 1979 ?
Pas du tout. Je n’avais guère l’intention de transférer sur scène l’atmosphère débridée, sans tabou, et bordélique du premier album et c’est Antoine de Caunes, encore lui, qui m’a suggéré de remonter sur scène dans le cadre de l’émission Chorus.
Avec mon compère Costric Ier, nous avions décidé de nous foutre allègrement de l’avis des maisons de disques etc.
Seul trouvait grâce à nos yeux le rire le plus iconoclaste. C’était l’ère des Coluche, Desproges, Choron etc, ne l’oublions pas, dont nous étions le pendant musical quelque part.
 
 
«Odeurs frôle le bon goût sans jamais y sombrer», rien que votre devise était magnifique...
Effectivement. Cependant j’ai toujours cherché à éviter la vulgarité contrairement à ce que certains pensent. Même si j’écris une chanson sur la sodomie comme “La porte du jardin”, ça reste “métaphorique”. Aucun mot choquant n’est prononcé.

 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015

Cinq albums plus tard, l'aventure Odeurs prend fin. Tu retrouves alors le chemin des studios pour composer des B.O. pour le cinéma et la télévision. Tu en comptes plus d'une trentaine à ton actif à ce jour, quelles sont tes collaborations les plus marquantes ?
Toutes sont marquantes. De mon inexpérience des débuts jusqu’à aujourd’hui j’ai eu la chance de collaborer avec de nombreux casse-couilles…
Une musique de film, pour peu qu’on s’y investisse, est un challenge périlleux, il faut inspirer confiance au réalisateur et cela n’a pas toujours été mon fort. J’avais l’image d’un “déconneur”. Doit-on lui confier une telle responsabilité se sont demandé certains ? Je suis fier cependant de certaines BO. Pas de toutes…
 
 
Mais l'homme de studio retrouve néanmoins la scène à intervalles (plus ou moins) réguliers. Et justement cet automne, tu reviens au Café de la Danse pour trois dates...
Entouré d’une nouvelle équipe de musiciens. C’est stimulant. Comme me disait l’un d’entre eux : “Ca fait du bien de jouer des titres où il n’y a pas les 3 accords que je joue habituellement”…
 

 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015

Pas facile de concocter une set list avec autant de titres à ton répertoire...
J’ai fait une croix sur certains titres-phare que je me trimballe depuis tant d’années. Je ne les trouvais plus pertinents, que ce soit au niveau des textes ou de la musique.
Et le spectacle inclut aujourd’hui des propos également, qui reflètent ma personnalité de vieux con aigri.
 
 
Rassure-moi, tu n'as pas succombé à la mode du «politiquement correct» ?
Même pas en rêve !
 
 
Tu sais toujours bien t'entourer sur scène. Qui sera à tes côtés cette année ?
Une bande de potes incluant Pierre Sangra (guitare, mandoline, saz, violon, chant), Marc Périer (basse, chant), Franck Amand (batterie, percussions), Cyril Barbessol (piano, claviers), Vincent Chavagnac dit Turquoiz (claviers, flûte, chant), Stéphane Daireaux (guitare électrique), Clarabelle (chant), Camille Saféris (percussions, chant, déconne) et moi-même à la guitare et au chant.
 

 

Par contre tes voisins m'ont appelée pour m'informer que ça twongait beaucoup chez toi en ce moment...
Cette idée n’est pas nouvelle et bien d’autres l’ont pratiquée avant moi (Raymond Devos : “Se coucher tard… nuit”). J’ai écrit quelques chansons ultra-courtes en les enrobant de ce concept de “twong”, contraction de “tweet” et de “song”. L’exercice est amusant.
 
 
En parlant d'écriture, j'ai appris que tu venais de sortir ton premier roman, «Une jeune fille comme il faut» …
Effectivement, il est sorti le 8 octobre. J’ai adoré la solitude créatrice et la lutte avec les mots. J’espère que ceux qui le liront passeront un bon moment, entre humour et émotion…
 
 
Un publicitaire t'engage pour rédiger un slogan afin de promouvoir le spectacle de Ramon Pipin. Une idée ?
“Il paraît que c’était super mais j’ai pas pu y aller”
 
 
Merci Alain pour cet entretien et à très vite sur scène !
 

 

RAMON PIPIN - Interview & Café de la Danse -  Paris 18 - 25/10 et 09/11/2015
Au Bonheur Des Dames

 

 

 


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