Depuis quelques années, quasiment tous les deux albums, Ville Valo
a pris l'habitude de nous annoncer l'album le plus heavy du groupe, comme
pour tenter de s'affranchir de l'image de groupe à minettes que lui
ont attribué ses détracteurs. Il nous avait fait le coup avec
Love Metal, résultat : peu de changements, et c'était
tant mieux ! Pourquoi HIM aurait-il besoin de se doper à la testostérone
alors que son charme réside depuis toujours dans sa subtilité
et son sens de l'émotion ? Seul Ville détient la réponse.
Toujours est-il que s'il comptait rallier à sa cause ses détracteurs
d'hier, ça me semble une nouvelle fois assez mal parti : ne vous attendez
pas à voir débouler un HIM métamorphosé de fond
en comble, ce Venus Doom, s'il apporte bien quelques changements
à la recette de Dark Light, n'en reste pas moins fidèle
à l'esprit du groupe, et pas vraiment plus heavy qu'un Love Metal
ou Razorblade Romance. La différence avec les précédents
albums réside dans ce qui pourrait relever du détail tant l'esprit
de HIM est encore présent : une tendance à insérer ici
et là les rythmiques lourdes sur tempo lent caractéristiques
du doom metal (d'où le nom de l'album) comme sur Venus Doom
qui insère lui un break un peu spécial, sorte de marche funèbre
doom... En cela, ce nouvel opus a bien un aspect plus lourd et parfois inhabituel,
mais les mélodies, et globalement les atmosphères, restent quant
à elles dans la lignée des précédents cd, à
ceci près qu'elles me paraissent quand même d'un niveau moindre.
A ce propos, je dois bien reconnaitre que je m'étais emballé
un peu vite pour Dark Light, qui reste un album que j'apprécie,
mais sans doute pas au point que la note que je lui avais attribué
(et qui me semblait juste sur le moment) peut le suggérer. Le fait
est que Dark Light s'est au fil du temps plus vite fait oublier,
au profit des véritables classiques du groupe qui restent et resteront
pour moi Razorblade Romance et Deep Shadows And Brilliant Highlights.
Et c'est un peu ça qu'on risque à présent de reprocher
à HIM : ne pas tout à fait retrouver l'éclat mélodique
d'autrefois, reproche qu'on peut faire à tout groupe majeur dès
lors qu'il a atteint son apogée créatrice, et donc ses limites.
Alors Venus Doom n'a rien de désagréable, plusieurs
titres restent assez facilement en tête, et principalement Passion's
Killing Floor, mais il n'est pas facile de se contenter d'un bon
album quand on nous a habitué à des chefs-d'oeuvre inclassables.
On sent pourtant que Valo a tenté de se renouveler (outre les clins
d'oeil doom, des structures un peu plus complexes sont également à
signaler comme sur le titre à rallonge Sleepwalking Past Hope
et ses plus de 10 minutes, mais aussi des solos plus nourris que par le passé),
mais cela ne suffit pas à me convaincre totalement. Un bon album de
HIM, mais qu'on risque d'oublier plus vite que les autres, notamment de par
son absence de vrai gros hit. Pas indispensable, en d'autres termes.
Highlights : Passion's Killing Floor, Love In Cold Blood
Tracklist :
01. Venus Doom
02. Love In Cold Blood
03. Passion's Killing Floor
04. The Kiss Of Dawn
05. Sleepwalking Past Hope
06. Dead Lover's Lane
07. Song Or Suicide [interlude]
08. Bleed Well
09. Cyanide Sun