
Depuis quelques années, tout ce que touche Audrey Horne se transforme en or. En effet, pas un seul faux d'après l'avis éclairé de ce certains experts du groupe n'a été recensé. Et ce n'est pas ce dernier opus intitulé Achilles qui ira à l'encontre de ce postulat.
Sorti en septembre dernier, il n'a fait que susciter enthousiasme et admiration chez ceux qui y ont prêté une oreille attentive. Par conséquent, le groupe était de retour au Nouveau Casino, salle dans laquelle il s'était déjà produit à deux reprises.
En 1ère partie, les Allemands de Motorowl nous assènent à coups de boutoir un stoner puissant, pachydermique et destructeur sans pour autant convaincre un auditoire pourtant attentif. Originaires de Thuringen, nos amis ont déjà à leur actif trois albums : Om Generator (2016), Atlas (2018) et This House Has No Center (2024) qu'ils sont fiers de défendre sur scène. Le problème avec ce genre de groupe est que l'on a la désagréable impression que tous les morceaux se ressemblent surtout quand ceux-ci sont monotones et dépourvus de musicalité. Par ailleurs, les deux guitaristes aussi sympathiques soient-ils, sont à peine perceptibles que ce soit sur les solos ou sur les parties rythmiques, ces derniers étant couverts par un bassiste trop bruyant et un batteur lui aussi très envahissant mais talentueux. Finalement, on est presque soulagés quand le set s'achève au bout de 40 minutes, set que l'on pourra qualifier "d'insupportable". Un peu de positif tout de même via cette intervention non sans humour du guitariste chanteur, Max Hemmann qui se fendra d'un : « Si vous avez aimé le groupe, vous y trouverez des tee-shirts. Et si vous n’avez pas aimé, vous y trouverez aussi des tee-shirts "Je déteste Motorowl" !!!!!»......
AUDREY HORNE
A peine le show de Motorowl terminé, voici donc nos Norvégiens préférés investissant la modeste scène du Nouveau Casino pour procéder à quelques ultimes réglages. Toschie, le chanteur, jovial comme à son habitude et impatient d'en découdre, vient taquiner le public parisien.
Après la double intro incarnée par The Boys Are Back In Town de Thin Lizzy (groupe dont ils sont fans) et le générique du Muppets Show, il ne faut pas longtemps à Toschie et à sa bande pour débarquer sur la petite scène du Nouveau Casino via un Achilles et un In The Eye Of A Hurricane des plus efficaces, tous deux issus du dernier album en date, promotion oblige, vous en conviendrez.
Je préfère vous prévenir mais si un jour, vous prenez la décision de vous rendre à un concert d'Audrey Horne, vous serez sans doute surpris de l'énergie déployée par le virevoltant chanteur. Etant placé au tout premier rang, juste en face de lui, je puis vous assurer qu'il n'a de cesse de faire trembler les retours, martelant également sans ménagement le devant de la scène avec ses sneakers déjà troués. Le public lui, déjà chaud bouillant, reprend comme un seul homme, les paroles sans même y avoir été invité pat le volubile vocaliste.
"Nous sommes venus à Paris pour déclarer la guerre !!!!!!!!!!!!!" lance t-il avec une conviction pour le moins affirmée et c'est donc un This Is War ravageur qui envahit la petite salle du Nouveau Casino. Sur ce titre et puis allons-y, écrivons-le sans détour, les deux guitaristes Ice Dale et Thomas Tofthagen prennent la pose en brandissant leur guitare "dans le ciel" du Nouveau Casino..... Un peu "poseurs", nos deux amis ? Oui, sans aucun doute. Ce sera d'ailleurs le cas durant tout le show. Le Viking du groupe, le bassiste Espen Lien, n'est pas en reste puisque ce dernier vient taper lui aussi sur les retours. D'ailleurs, ceux-ci vont-ils tenir jusqu'au terme du concert ? On peut se poser la question.
A l'issue de This Is War dont la version fut dantesque, Toschie interpelle l'assistance, se demandant si celle-ci n'a pas oublié ses...........chaussons de danse car là, "les amis, il va falloir danser !!!!" autour d'Ice qui s'empresse de descendre au beau milieu des spectateurs, le guitariste étant suivi de très près par le chanteur qui n'est pas à une fantaisie près. On avait eu le "Toschie haut" maintenant, c'est le "Toschie bas" qui vient s'acquitter en se trémoussant élégamment d'un Pretty Little Sunshine d'excellente facture, interprété par un groupe qui fait preuve d'une redoutable cohésion..
Retour ensuite sur le dernier album avec le très efficace Insanity puis le très lizzien Out Of The City qui font immédiatement mouche auprès d'un public conquis depuis longtemps. Un titre comme Holy Roller démontre également à quel point nos Norvégiens préférés savent se démarquer de leurs glorieux aînés en en proposant une interprétation des plus enjouées. Cela se poursuit sur un Devil's Bell très formaté Maiden comme quoi, on ne peut pas toujours renier ce que l'on a aimé, chose à laquelle le groupe semble très attaché.
Youngblood, morceau-titre d'un album qui, au moment de sa sortie, s'est avéré être pour nos amis, un cap fondamental à franchir, un cap qui, reconnaissons-le, fut franchi avec un aplomb déconcertant. En effet, en 2013, Toschie et sa bande décident d'abandonner le post grunge des premiers albums pour s'orienter vers un hard rock des plus traditionnels. Bien leur en a pris puisque l'album du même nom a connu plus qu'un succès d'estime.
Aussitôt finie l'interprétation de Youngblood, Espen, le massif bassiste du combo s'empare tout de go du micro pour entamer God Damn Beautiful (encore une perle finement ciselée extraite d'Achilles), chassant presque d'un coup de patte amical le Toschie qui vient se poster près de Kjetil Greve, le batteur pour soutenir son comparse aux backing vocals. Blaze Of Ashes et son riff meurtrier viennent clore cette première partie de show.
Après une courte pause et une intervention des plus sympathiques de la part du bouillant vocaliste (quel phénomène, celui-là : "Bienvenue dans cette deuxième partie. Je serai cette fois-ci en solo. Je chanterai pour vous des tubes français des années 70. La France est le pays de l’amour, je serai votre Tom Cruise et vous serez ma Nicole Kidman !!!"), le groupe se propose d'interpréter un Sail Away pour le moins émouvant, offrant à Toschie et à ses deux artilleurs en chef, l'opportunité de redescendre, au milieu du public qui s'assoit même autour d'eux. Une véritable communion s'opère alors entre nos trois joyeux lurons et l'assistance.
On ne pouvait pas mieux finir que sur Redemption Blues et Waiting For The Night dont le refrain sera repris en choeur par tout un peuple. Cela continuera ensuite dans le métro lorsque nous regagnerons nos pénates. J'ai les noms.... Si si. lol
Ce concert fut d'une grande intensité mettant en exergue le talent des musiciens qui n'ont eu d'autres préoccupations que celle de se faire plaisir et de nous faire plaisir par là même. Revenez quand vous voulez !!!!!!!! Je serai là.
Au fait, on a encore entendu Waiting For The Night tard dans la nuit notamment dans le métro, toujours par les mêmes individus. J'ai toujours les noms......
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