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the eagles anvers sportpaleis 26 05 2019

« Bienvenue à une soirée avec les Eagles qui sera probablement notre dernière tournée européenne. Ce soir, vous n’aurez pas de chorégraphies, de pyrotechnie, de danseuses ou de comédiens… Juste des types qui vont vous jouer 2h30 de musique, la notre. S’il vous plaît ne prenez pas de photos ni filmez le concert avec vos smartphones, ne cherchez pas à capturer le souvenir, vivez l’instant présent ! ».

Ainsi parlait l’autre soir Don Henley 70 ans, le co-fondateur avec Glenn Frey des fabuleux EAGLES, un groupe qui n’a pas bercé mon imaginaire musical mais qui nous a donné Dimanche une leçon magistrale par la seule force de sa musique. Don Henley, la voix d’angle du groupe aux harmonies exceptionnelles s’accomode mal et depuis toujours des contingences du music business. Issu d’une grande tradition d’auteurs compositeurs californiens tels que Stephen Still, Jackson Brown ou Lowell Georges, il est le seul survivant du groupe original aujourd’hui mais a su fédérer un personnel exigent autour de lui pour cette ultime tournée, dont Vince Gill, une star mondiale de la country.
Il était une fois la musique… Une époque lointaine où des musiciens chevronnés de studios servaient la musique au point de vouloir s’effacer sciemment derrière elle, où le propos privilégiait le fond ( maîtrise de l’expression musicale ) à la forme ( chorégraphie, spectacle ). Et les jeans/ baskets des EAGLES vont nous emmener loin ce soir:
Dès les 1ères harmonies vocales qui ouvrent le concert ( sur 7 bridges road ), on est saisie par la perfection des voix et le son cristallin qui s’échappe de chaque instrument. L’implication individuelle des musiciens ( 4 voix leads/ 4 guitaristes ) est incroyable de justesse et leur légitimité incontestable…Où quand la force vient de l’intérieur. Ce n’est pourtant pas la force tranquille mais un combat permanent sur la voie de l’excellence. Deacon Frey, le fils de Glenn joue une partition parfaite réhaussée par une attitude humble qui convient en cette circonstance difficile. De nostalgie point n’est question ce soir car le groupe ne rate pas une occasion de sonner rock’n’roll. Que dire de Joe Walsh, cet énorme guitariste américain capable de dueliser avec Clapton, Jeff Beck ou Ron Wood ? Il a littéralement enflammé le Palais des Sports sur les titres des Eagles bien sûr mais aussi sur les 2 titres du James Gang et 3 solos dont Rocky Mountain Way. Nous sommes ici dans le cercle fermé de l’excellence, où chaque musicien est capable de jongler d’un instrument à l’autre avec une dextérité incroyable qui m’a rappelé le Band de Robbie Robertson. Et de variétoche au motif d’étaler sa technique pour faire de l’argent facile, il n’est pas question non plus ( même s’ils en seraient capable également ). Tout l’art des EAGLES repose sur leur approche limpide de l’héritage musical U.S.
Ils sont arrivés sur place 3 jours avant le lancement de la tournée européenne ( qui ne passe pas par Paris, encore raté ! ) pour travailler la mise en place du son ( à l’exception de Vince Gill retenu pour affaires familiales ) et le résultat est hallucinant : C’est un déluge ininterrompu de titres immortels pendant 2h40, interprétés au plus haut degré de perfection possible humainement parlant. La soirée se déroule comme dans un rêve dans cette Sport Arena flamande anonyme et déshumanisée. Je n’avais pas connu pareille fête musicale depuis Little Feat à San Diego en 1990 sur la tournée Representing the mambo et je ne vois guère que Bob Seger ( lui aussi en tournée d’adieu mais aux USA uniquement ) pour atteindre ce sommet là !
Voir les EAGLES en 2019 m’a donné quelques certitudes : Oui, la batterie de Don Henley sonne mieux que celle de Lars Ulrich. Oui, la musique quand elle a une telle force intrinsèque peut et doit exister avant le show. Oui, la surenchère de l’information et des fake news, la dictature de l’image Youtube et la standardisation de rockshows de plus en plus gigantesques ont relègué la musique à un rang accessoire.

Non, les EAGLES 2019 n’est pas une tournée pépère destinée à servir la soupe à des vieux en mal de thés dansants. Oui, la décélération du business au profit de la musique est une bonne chose qui fait aujourd’hui des petits ( Tedeski Trucks band, Marcus King band, Gov’t Mule dans une moindre mesure ) mais dieu que cette leçon de musique que nous ont administré une dernière fois les EAGLES en ce Dimanche d’élections soigne nos âmes. Prochain concert pour moi ? Kiss au Hellfest…



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